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473 $ d'impôt par année...

473 $ d'impôt par année...

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Je n’ai pas sourcillé devant ce résultat, si facilement prévisible chez nous: 66% des gens voudraient qu’on dépense davantage en divers services publics.

L'État québécois déjà si lourd, si lourdement exigeant, est pourtant déjà le mieux garni au Canada. Remarquez que le Québec se prend depuis longtemps pour un pays européen même s’il ne dispose pas de tous ses moyens; on fait comme si...

Et toutes les incongruités sont désormais possibles : ces jours-ci, c’est au tour du 911 de faire la grève. Ce qui, selon le syndicat, ne met pas du tout en danger la population...

Mais elle est si facilement bernée, cette pauvre conne de populace... Remercions les télés continues pour nourrir sa soumission aux groupes de pression, jamais défiés, peu importe que les enjeux soient vitaux ou pas...

Mais revenons à l’étonnante question du sondage Léger : êtes-vous favorable à des «réinvestissements en santé, en éducation, pour les familles et pour les aînés»?

Clan du OUI
473 $ d'impôt par année...
photo d’archives

Qui dira non à une plus grosse portion de dessert sinon ceux, peu nombreux et forcément minoritaires, qui savent combien les Québécois engloutissent chaque année dans l’incinérateur du modèle québécois?

Selon les données officielles de l’Agence du revenu du Québec, près de la moitié des contribuables québécois ne paient pas ou presque pas d’impôt. Environ trois millions de personnes paient rien ou moins de dix dollars par semaine d’impôt.

L'Agence du revenu du Québec précise qu'en 2015, exactement 608,700 personnes ont payé en moyenne 473$ d'impôt. C’est moins de 10 $ par semaine, soit presque la gratuité...

Alors, si on leur demande s’ils veulent plus d’à peu près tout, qu’est-ce que vous croyez qu’ils diront? Oui, un gros Oui, un OUI majuscule comme certains en voudraient pour autre chose...

Ajoutez à cette masse défiscalisée et bienheureuse tous ceux qui font leur pain et leur beurre dans le méga complexe bureaucratique québécois, et vous arriverez à 66% de la population.

Deux tiers qui s’appuient sur le troisième pour son confort, sa retraite, des congés accumulés, ses primes, sa jaquette et parfois même son manteau d’hiver.

Au pays du revenu indisponible, il ne sera bientôt plus possible de réduire les dépenses. Parce que bien des gens pensent qu’un invisible – et muet- contribuable peut être taxé à l’infini...

Il devient même plus difficile de croire le sondage voulant que 63 % des gens veulent une baisse de leur fardeau fiscal.

Quoique je connaisse des fonctionnaires, des gestionnaires et des profs qui voudraient bien avoir une paye nette un peu mieux garnie.

En vérité, une partie de leur motivation vient de la peur de voir un jour le système s’effondrer et leurs privilèges avec lui...

POL-CONSEIL GÉNÉRAL DE LA CAQ
473 $ d'impôt par année...
AUDRÉ KIEFFER / AGENCE QMI

C’est pourquoi, il y a tant de caquistes de nos jours. Des caquistes presque partout, si on se fie au même sondage Léger. Des gens qui croient au changement. Des gens qui espèrent qu’un gouvernement de la CAQ mettra de l’ordre dans le monde parallèle de la bureaucratie.

Mais doit-on croire qu’un tel défi sera relevé par François Legault?  Ses idées ne sont pas toujours soutenues par une durable conviction. Serait-il plus fragile, impressionnable qu'on le croit?

Qu’en fera-t-il, lui, de cet indomptable État, allergique à l’imputabilité, immunisé contre les compressions et béni par le no-fault? On n'en sait trop rien. Tant que les notions de sécurité d'emploi, de plancher d'emploi et d'ancienneté ne seront pas remises en question, rien de fondamental ne pourra être imposé; l'incohérence perdurera.

Un gouvernement caquiste sera donc tenté de fermer les yeux sur cet univers budgétivore devant lequel tant d’autres se sont prosternés en abandonnant tout espoir de changer les choses.

Dans la Belle province, il est toujours plus facile de réclamer taxe, impôt, tarif... À l’opposé, réingénierie, débureaucratisation, modernisation sont synonymes du même échec.

Le PQ, comme Québec solidaire, ne prend donc pas de chance : il mise, lui, sur la tradition et le statu quo. C'est la gauche compatissante, prisonnière de ses alliances...

Quant au PLQ, la récente sortie de Philippe Couillard démontre que la franchise est aujourd'hui politiquement incorrecte. On lui fait comprendre ces jours-ci qu'il a commis un péché mortel en entravant la dépense publique.

Celle-là même qui assure le confort d’une majorité croyant que la richesse existe, fut-elle celle des autres, et qu’il suffit de se servir... Elle règne comme une comtesse dans un château en ruines...