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Couche-Tard n’a pas fini de nous étonner

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Q L’action de Couche-Tard est passée de 56,90 $ à plus de 66 $ fin janvier. Est-il trop tard pour y investir ?

R Cet automne, Alimentation Couche-Tard (ATD.B-TO) est devenue la plus grande entreprise canadienne du point de vue des ventes, surtout depuis l’intégration de l’américaine CST. L’entreprise a franchi la marque des revenus de 50 milliards (G) $ US, qui sont, par exemple, bien supérieurs à ceux de la Banque Royale (40 G$ CAN).

En 2016, Couche-Tard se classait sixième au FP500, derrière la Banque Royale, George Weston, Magna, Power Corp et Manuvie. Parions que le fleuron du Québec Inc., dont la capitalisation boursière dépasse 28,8 G$, montera en grade dans le classement 2017.

Couche-Tard compte plus de 15 200 magasins au Canada, aux États-Unis, en Europe, en Amérique latine, au Moyen-Orient, en Égypte et en Asie. On est loin du premier dépanneur ouvert à Laval, en 1980, et de l’entrée en Bourse, en 1986, à la faveur des REA, à 2,25 $. Rappelons qu’en septembre 1999, le cours oscillait autour de 83 cents.

Recommandation

Sur 13 recommandations d’analystes compilées par Thomson-Reuters, tous suggèrent d’acheter, et aucun de vendre. Ce n’est pas surprenant, car Couche-Tard, malgré une marge nette d’un peu plus de 3 %, est gérée avec minutie.

On prête à Couche-Tard les intentions d’acheter Casey’s General Stores (CASY), et même les dépanneurs gérés par Kroger (KR), dont les revenus dépasseraient les 4 G$ US. En janvier, des investisseurs activistes ont pressé la direction de Casey’s de vendre. Mais le titre a bondi depuis janvier et Couche-Tard (qui a déjà tenté d’acheter Casey’s en 2010) devra payer une prime qui ferait bondir son endettement.

Les forces

  • La réforme fiscale américaine favorise Couche-Tard, qui estime que son taux d’imposition diminuera entre 3 % et 5 %.
  • Le fondateur, Alain Bouchard, a parlé de croissance agressive en Asie pour les prochaines années. Le taux de croissance annuel moyen du secteur des dépanneurs dans des pays comme le Vietnam ou les Philippines atteindrait entre 25 % et 37 %, selon la firme IGD Research.
  • Les ouragans de l’an dernier ont eu peu d’impact sur les résultats.
  • Aux États-Unis, où les chaînes ne contrôlent que 37 % du marché des dépanneurs selon Bloomberg, la direction a identifié entre 30 et 50 chaînes de moyenne taille pour des acquisitions.
  • À 16,6 %, le cours/bénéfice est abordable.
  • L’entreprise travaille à améliorer son offre de nourriture en Europe et aux États-Unis pour mousser les ventes.

Les faiblesses

  • Les revenus de Couche-Tard sont composés à 70 % de la vente d’essence, donc largement tributaires du cours du pétrole.
  • Les synergies provenant de l’achat de CST Brands et Holiday Stores se font attendre. Elles doivent, selon certains analystes, mousser la croissance des revenus d’environ 20 %, ce qui bonifiera le flux de trésorerie.
  • Les consommateurs américains à faible revenu diminuent leurs courses éclair faites par automobile, un marché lucratif pour Couche-Tard.
  • La hausse du salaire minimum, principalement en Ontario et en Alberta.

À surveiller

Les actionnaires seraient les grands gagnants d’une vente forcée si les quatre cofondateurs possédant des actions à droit de vote multiples (la fameuse clause crépusculaire) ne peuvent s’entendre sur le contrôle de l’entreprise, d’ici quatre ans.