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Les Misérables débarque en ville

Les Misérables débarque en ville
PHOTO COURTOISIE MATTHEW MURPHY

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Incarner Jean Valjean est un défi en soi. Mais le faire sur une scène québécoise augmente la pression d’un cran. Ou même deux. « Les francophones sont très familiers avec Les Misérables. Aux États-Unis, tous les enfants lisent Tom Sawyer à l’école. Mais en France et à Montréal, c’est Les Misérables », avance le ténor américain Nick Cartell.

Peu de gens sont donc enn terrain inconnu avec Les Misérables. Pour certains, le titre les ramène à l’œuvre originale, soit le roman de Victor Hugo paru il y a déjà plus de 150 ans. Pour d’autres, ce sont ses différentes incarnations cinématographiques, la plus récente ayant été primée aux Oscars en 2013, qui viennent à l’esprit, ou encore le spectacle musical lui-même, comme il sera présenté à Montréal cette semaine.

Pour les novices, le récit nous plonge en plein cœur du 19e siècle, pour suivre le destin tragique de Jean Valjean, un ouvrier français qui tente de refaire sa vie après un séjour en prison.

Des millions de spectateurs

Créée en 1980, d’abord en français, la comédie musicale Les Misérables a depuis été applaudie par quelque 130 millions de spectateurs, présentée dans 44 pays et 22 langues. Alors pourquoi sont-ils encore aussi nombreux, depuis tant d’années, à vouloir se replonger encore et encore dans cet univers qui leur est si familier ?

« Les personnages, l’histoire, la musique... ces éléments ont tous traversé les époques sans jamais prendre une seule ride. Les valeurs continuent de résonner en nous, et elles vont continuer de le faire, tant et aussi longtemps que Les Misérables sera présentée sous différentes formes », souligne Nick Cartell, alias Jean Valjean, en entretien au Journal.

Dès mercredi, le public montréalais pourra découvrir le travail du ténor américain, qui posera alors pour la première fois ses valises dans la métropole en compagnie de la troupe de la tournée nord-américaine des Misérables.

Le ténor américain Nick Cartell dans le rôle de Jean Valjean.
PHOTO COURTOISIE MATTHEW MURPHY
Le ténor américain Nick Cartell dans le rôle de Jean Valjean.

 

Pour maman

Évidemment, incarner Jean Valjean est le rêve de tous les artistes évoluant dans le monde du théâtre musical. Mais pour Nick Cartell, ce rôle revêt une importance encore plus particulière ; son audition finale a eu lieu quelques heures seulement après le décès de sa mère, emportée par un cancer des ovaires qu’elle combattait depuis un bon moment. Il était à New York ; elle, en Arizona, à quelques milliers de kilomètres.

« Mon père m’avait appelé quelques jours auparavant pour me dire qu’elle n’allait pas bien. Je voulais rentrer à la maison pour la voir, mais mes deux parents ont refusé. Ils tenaient à ce que je reste à New York pour aller au bout de cette aventure qui pourrait changer ma vie », se souvient-il.

« Quand je suis entré dans la salle d’audition, j’ai senti qu’elle était avec moi, comme un ange sur mon épaule. Je devais chanter Bring Him Home, cette chanson où Jean Valjean implore Dieu de ramener sain et sauf celui qui pourra protéger sa fille Cossette, alors tous les sacrifices que mes parents ont faits pour moi me sont venus en tête. Et, chaque soir, quand je monte sur scène et que je dois interpréter ce titre, je sens ma mère à mes côtés, encore une fois », termine-t-il.


Les Misérables sera présentée du 7 au 11 février à la Place des Arts. Les représentations sont en anglais.