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L’islamophobie de Trudeau, la partisanerie de Couillard

Cette rencontre avait été initialement planifiée pour permettre aux familles des victimes de parler de leur deuil aux premiers ministres.
Photo d'archives, Daniel Mallard Cette rencontre avait été initialement planifiée pour permettre aux familles des victimes de parler de leur deuil aux premiers ministres.

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Un événement au programme de la commémoration de l’attentat de Québec, le soir du 29 janvier dernier, n’a pas été révélé par les médias.

C’est la rencontre des premiers ministres Philippe Couillard et Justin Trudeau avec les familles endeuillées, une petite heure avant le début des discours officiels, sur le site de l’Église de Sainte-Foy. D’où le retard inexpliqué lors de la commémoration qui a suivi et qui devait commencer, normalement, à 18 h 30.

Les drapeaux de Philippe Couillard

Ce rendez-vous a eu lieu à l’intérieur du Centre culturel islamique de Québec, adjacent à l’église. Le temps de prendre quelques selfies avec les enfants et les proches, alors que les chefs des oppositions (Jean-François Lisée et François Legault) ainsi que les autres députés de la Chambre des Communes et de l’Assemblée nationale se faisaient geler dehors, par un froid glacial.

Un accroc au protocole qui pue la partisanerie, d’autant plus que le premier ministre Couillard a profité de cette occasion pour remettre un drapeau du Québec à chacune des quatre veuves présentes — les deux autres absentes, d’origine guinéenne, auraient reçu les leurs via la mosquée.

S’il y a un symbole qui doit rassembler tous les Québécois, c’est bien celui du drapeau du Québec. Exclure leurs représentants politiques, dûment élus, de cette rencontre avec les familles des victimes, à ce moment précis où les regards étaient tournés vers cette commémoration éminemment sensible, c’est tomber dans la petite politique partisane.

Pour des « porte-parole » qui appellent au dialogue et pour un premier ministre qui a lancé, le soir même de la commémoration : « Oui à l’union, oui à l’amitié, oui à la fraternité, au Québec et partout ailleurs », on repassera. Le moins que l’on puisse dire, c’est que leurs gestes concrets trahissent lamentablement leur discours public.

Les 400 000 $ de Toronto

Cette rencontre avait été initialement planifiée pour permettre aux familles des victimes (veuves, enfants et proches parents) de parler de leur deuil aux premiers ministres. On a même demandé aux veuves d’écrire des lettres personnalisées aux deux premiers ministres pour faire état de leurs besoins.

Mais, comme par hasard, elle a été monopolisée par un « invité inattendu » venu de Toronto, représentant la mouvance qui réclame l’instauration d’une journée nationale contre l’islamophobie.

Il a d’abord entrepris le premier ministre Couillard puis le premier ministre Trudeau, dès son arrivée sur les lieux, au grand dam des familles qui s’impatientaient et qui se demandaient pourquoi ce monsieur avait accaparé, à lui tout seul, les dignitaires qu’elles étaient venues rencontrer.

La réponse serait venue du représentant du Centre culturel islamique de Québec : le monsieur de Toronto, lui, a donné 400 000 $, il avait donc le droit de prendre son temps avec les premiers ministres.

Précisons que le don de 400 000 $ qui a été distribué aux familles, le 18 mars 2017, à grand renfort publicitaire, ne provient pas d’un individu ou d’un organisme, mais d’une collecte de fonds publique auprès de quelque 6000 donateurs par DawaNet (Dawa – Prêche).

Comme quoi, même dans ce rare moment où les familles auraient espéré avoir un moment d’intimité pour parler sereinement avec leurs premiers ministres, c’est l’agenda politique de l’islamophobie qui a primé.

Le timing ne pouvait être aussi propice et le lobbying aussi efficace. Le premier ministre Justin Trudeau prenait la parole sur ce même thème, une demi-heure plus tard. C’est ce qu’on appelle avoir le sens des affaires. La compassion peut attendre !