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Ode à l’agonie du monde matériel

Le spectacle Con Grazia est une valse sonore chaotique où les objets volent en éclats

Con Grazia est une création où des objets, triturés, torturés et pulvérisés, produisent de la musique, pour en faire une ode à l’agonie du monde matériel.
Photo courtoisie Martin Messier Con Grazia est une création où des objets, triturés, torturés et pulvérisés, produisent de la musique, pour en faire une ode à l’agonie du monde matériel.

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Martin Messier rêvait de monter un spectacle avec des sonorités générées par des objets qui volent en éclats. Con Grazia est une création qui allie performance, installation sonore et présence robotique, où la matière est triturée, torturée et pulvérisée afin d’en faire de la musique.

À l’affiche, mercredi et jeudi, à la salle Multi du complexe Méduse, Con Grazia est une ode inquiétante à l’agonie du monde matériel.

« L’idée, lorsque j’ai commencé à penser à ce spectacle, avec l’interprète et chorégraphe Anne Thériault, était de faire de la musique créée à partir du bruit provenant d’objets cassés. La musique du fracas », a laissé tomber, lors d’un entretien, le compositeur et expérimentateur spécialisé dans la mise en scène d’œuvres sonores.

L’idée, une fois lancée, a évolué et elle s’est transformée de différentes façons avant sa première présentation, le 1er juin 2016, à Montréal, lors du Festival TransAmériques.

« On a extrapolé cette idée, qui est demeurée la base du spectacle, pour l’amener ailleurs. Le spectacle est devenu quelque chose de plus ouvert », a-t-il fait remarquer.

Martin Messier explique que des robots entrent en scène et participent à cette valse sonore chaotique.

« Des objets sont frappés sans nécessairement être cassés et certains vibrent sans intervention humaine et vont peut-être tomber. L’idée de casser des choses est là du début jusqu’à la fin. »

Le spectacle Con Grazia de Martin Messier et Anne Thériault.
Photo courtoisie Martin Messier
Le spectacle Con Grazia de Martin Messier et Anne Thériault.

Sacrifice musical

C’est lors d’un spectacle d’Érick D’Orion que la genèse de Con Grazia a vu le jour.

« Il a échappé sa basse et le bruit généré m’a amené à penser à l’idée d’un spectacle autour de ça. Ces moments, non prévus, où quelque chose tombe, se brise, se casse et fait du bruit, sont tout le temps remarqués. Je suis super sensible à ce genre de sons. C’est un fantasme que j’avais en tête », a fait savoir le Montréalais, artiste des sons.

Après avoir été présenté au Festival TransAmériques, en France et en Italie, Con Grazia, qui signifie « avec grâce », s’amène dans la Vieille Capitale, à l’occasion du Mois Multi.

Martin Messier et Anne Thériault ont réalisé, à travers le processus de création, qu’ils n’avaient pas tant de plaisir que ça à casser ces objets confectionnés par l’être humain.

Martin Messier
Photo courtoisie Martin Messier
Martin Messier

« Ça peut sembler bien, au départ, de se défouler, mais tu réalises que c’est agressant de faire ça et de le répéter. On s’est rendu compte, finalement, qu’on aimait et appréciait ces petits objets qui sont là sur scène et qui deviennent des personnages », a-t-il fait savoir.

Con Grazia, précise-t-il, est une intention, même si des objets sont sacrifiés, de créer quelque chose de gracieux, musicalement, par la destruction d’objets.


► La programmation complète du Mois Multi est en ligne à l’adresse moismulti.org.