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QS n’est pas une alternative

QS n’est pas une alternative
Arnaud Koenig-Soutiere

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Régulièrement, les collègues chroniqueurs nous entretiennent sur la société québécoise éclatée alors que les intérêts particuliers dominent l’intérêt collectif. Pour plusieurs, cette fracture sociale empêcherait de prédire, avec certitude, le résultat de la prochaine élection générale au Québec. Toutefois, il ne fait aucun doute que Québec solidaire (QS) rejoint très peu de Québécois comme alternative pour remplacer les libéraux.

L’actualité politique est particulièrement fébrile depuis le début de l’année. En effet, les libéraux font pleuvoir les cadeaux que nous nous sommes payés, la CAQ plane dans les sondages, elle demeure alors plus discrète et le PQ déplie programme et nouveautés pour ravir notre attention. De son côté, QS se retrouve sérieusement sous l’écran radar et attire très peu l’intérêt des électeurs qui veulent à tout prix se débarrasser des libéraux. Certains sont prêts à se « boucher le nez » en votant pour la CAQ, mais il ne semble pas exister un pince-nez assez puissant pour les attirer vers QS.

Encore une fois, après le soubresaut provoqué par l’arrivée de Gabriel Nadeau-Dubois, QS est réduit à une force de nuisance contre le PQ. La conjoncture actuelle risque de s’avérer troublante pour les partisans de QS, si leur parti ne recueille pas une plus grande sympathie au cours des prochaines semaines et que la CAQ se consolide comme option de remplacement des libéraux. Après avoir refusé la cohésion entre les forces indépendantistes et progressistes, cette division entretenue par QS s’avèrerait profitable à un parti clairement affiché à droite et diamétralement opposé à leur projet de société.

Dans les rangs de QS, nombreux sont les militants qui rêvent de la disparition du PQ parce qu’ils croient être l’option de remplacement. Il se pourrait toutefois que ce soit leur cher QS qui se réduira comme peau de chagrin, faute d’avoir su conclure les alliances utiles pour converger vers les objectifs d’une société plus solidaire et d’un pays indépendant. La création récente du NPD-Québec pourrait arracher le vote des progressistes fédéralistes qui se tournaient auparavant vers QS. D’autre part, le programme plus social-démocrate du PQ séduira peut-être les progressistes indépendantistes qui l’avaient délaissé, arrachant ainsi une autre frange d’électeurs à QS.

Les « jeux ne sont pas faits » comme le répète souvent Claude Villeneuve, mais il est facile d'imaginer que les carottes sont cuites pour QS.