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Ces femmes qui ne se fâchent jamais

Ces femmes qui ne se fâchent jamais

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Émilie Ricard, infirmière, a publié la semaine dernière un selfie qui mettait un visage sur les conditions de travail inhumaines des infirmières. Gaétan Barrette a répondu en invitant les infirmières à passer un message plus positif (ce sont ses mots) et Philippe Couillard a quant à lui, dénoncé le message négatif que la FIQ (Fédération Interprofessionnelle de la santé du Québec) envoie.

 
Vous ne trouvez pas ça ridiculement bas de demander aux infirmières à moitié mortes d’adopter une attitude plus positive? C’est tellement déplacé, fâchant, méprisant.

 

Est-ce que ces deux hommes auraient réagi de la même façon s’il avait été question des conditions de travail dans la construction? Est-ce qu’ils auraient été «game» de dire aux gars d’être plus positifs? Auraient-ils eu le même côté baveux en affirmant que c’est la faute de leurs syndicats si les postes à temps plein ne sont pas pourvus? J’en doute.
 
Les infirmières se font narguer.
 
Les infirmières se font narguer. Il faut réagir promptement et il faut le faire fortement, avec colère. Et surtout, ne pas se taire.

Mais à quel prix? Dès qu’une femme monte le ton, on la traite d’hystérique ou de «Germaine». Souvent, on lui demande: «coudonc, es-tu menstruée?». L’agressivité chez l’homme est-elle considérée de la même manière? Non.
 
Les hommes ont le droit de se fâcher en tout temps. C’est accepté, voire même valorisé. Les garçons sont socialisés avec des jeux de chevaliers, nous les encourageons à «jouer à la bataille» et à se défendre dans la cour d’école, quitte à montrer les poings.  
 
Les filles elles, sont invitées à être douces, à prendre soin, à évoluer dans ce qu’on appelle «le care», on valorise leur timidité, leur «cuteness». Et on leur dit tellement trop souvent qu’elles sont donc ben belles!
 
Ainsi, en grandissant, les femmes oublient d’exprimer leur colère, et quand elles le font, elles ne sont pas prises au sérieux: elles finissent inévitablement par se faire traiter de féministes frustrées.
 
Le selfie, une erreur? Non.

 
Suite à l’ampleur qu’a prise la publication de son selfie, Émilie Ricard s’est demandée si elle n’avait pas fait une erreur. Non, non et non! Il faut saluer son courage et son audace. Il est certes difficile de devenir porte-étendard d’une cause, mais il est important d’assumer et de maintenir sa position, surtout quand ça commence à bouger.
 
Comment se fait-il que les chauffeurs.euses d’autobus aient de meilleures conditions de travail que les infirmières? N’est-ce pas là deux services essentiels? J’émets l’hypothèse qu’ils y sont arrivés grâce à leur colère et leur persistance.
 
J’encourage donc toutes les femmes à parler, à montrer leurs émotions quelles qu’elles soient, mais surtout, à ne pas retenir leur colère lorsque deux hommes de pouvoir leur rient en pleine face. Surtout ne pas se taire.
 
Utilisez les médias sociaux, prenez exemple sur la courageuse Émilie, le mouvement #metoo, et foncez!