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Cloverfield Paradox, c’est un peu n’importe quoi

Le lancement de dernière minute du film de science-fiction est plutôt un mauvais épisode de Black Mirror

Cloverfield Paradox, c’est un peu n’importe quoi
Capture d'écran

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C’est le gros coup de marketing de l’année jusqu’à présent: après des mois de silence, Cloverfield Paradox allait enfin se dévoiler au grand jour, tout de suite après le Super Bowl. C’est audacieux, mais Beyoncé a déjà lancé un album sans préavis et a battu des records.

Initialement intitulé God Particle, ce troisième titre de la franchise Cloverfield a été repoussé à maintes reprises avant de s'immiscer parmi les fameuses pubs du Super Bowl. Dans le teaser, on croit qu’on va enfin tout comprendre ce qui s’est passé dans les premiers films.

Il y avait trois clans après le match d’hier soir: ceux qui allaient se coucher, ceux qui allaient regarder l'émission spéciale This Is Us ou le film Cloverfield Paradox, présenté en exclusivité sur Netflix. C’est le troisième groupe qui s’est, hélas, trompé. Je vous explique pourquoi.

 

Bande-annonce

 

La Terre souffre d’une crise énergétique grave et la guerre est imminente. Des experts sont envoyés à une station spatiale afin d’utiliser un accélérateur de particules pour puiser dans une source d’énergie et sauver la Terre. Après plusieurs échecs, Ava Hamilton (Gugu Mbatha-Raw) et ses collègues venus de plusieurs pays causent une surcharge et se retrouvent où ils ne devraient pas être. 

Malgré son sujet tellement intéressant et plein de potentiel, Cloverfield Paradox est malheureusement un mauvais épisode de Black Mirror. Un peu dans le même style, on ne filme rien de trop près qui pourrait annoncer l’année exacte des événements et on passe une bonne partie du film à se poser mille questions. Un style que Black Mirror maîtrise très bien, mais qui se transforme en bordel dans le cas de Cloverfield. 

Le chapitre précédent 10 Cloverfield Lane avait pourtant été un thriller captivant. John Goodman et Mary Elizabeth Winstead avaient réussi à accrocher les spectateurs dans un environnement claustrophobe et paniquant. C’est un film où l’on s’imagine plusieurs scénarios sans jamais vraiment avoir de réponses. C’est le même cas pour Cloverfield Paradox, mais les questionnements se transforment plutôt en frustration dans une histoire totalement décousue. On dirait plutôt trois films en un qui vont dans tous les sens et qui n’approfondissent aucun élément de l’histoire. 

Le divertissement est au rendez-vous avec les effets spéciaux, les clichés d’horreur spatiale et l’humour style détente comique de Mundy (Chris O’Dowd). Les acteurs sont plutôt bons, malgré le manque de profondeur de leurs personnages. C’est à peu près tout ce que le film accomplit. 

Comme la bande-annonce le promet, oui, on explique quand même «ce qui s’est passé». Sauf que cette réponse engendre plusieurs autres questions, qui sont probablement plus intéressantes à éclairer. 

Avec un tel coup publicitaire, les attentes pour Cloverfield Paradox étaient hautes. Malheureusement, c’est un film digne d’un dimanche soir ennuyeux sur Netflix qui s’est probablement sauvé d’une catastrophe au box-office. Si vous avez écouté This Is Us à la place, vous avez fait le bon choix hier soir.

Et c'est peut-être ça le paradoxe en fait.