/opinion/columnists
Navigation

Avec nous ou contre nous

Avec nous ou contre nous
Photo d’archives, AFP

Coup d'oeil sur cet article

Vous vous rappelez la célèbre phrase de George W. Bush : « You’re either with us or against us » ?

Il l’avait lancée quelques jours après l’attentat du World Trade Center, quand il a présenté sa fameuse politique antiterroriste.

Pour lui, il n’y avait pas d’entre-deux.

Si tu n’appuyais pas à 100 % sa politique, tu étais pour Ben Laden et ses 40 crackpots.

D’UN EXTRÊME À L’AUTRE

À l’époque, tout le monde ou presque avait critiqué la sortie de Bush fils, en disant que c’était une forme de chantage émotif digne d’un enfant de troisième année.

Aujourd’hui, le 43e président des États-Unis doit rire dans sa barbe.

En effet, tout le monde pense comme lui, maintenant !

Prenez le mouvement #MoiAussi.

Impossible de critiquer ce mouvement, même du bout des lèvres.

Sinon, on va dire que vous êtes POUR le viol et POUR les agressions !

Vous ne pouvez plus dire : « Oui, mais... »

Oui, mais je crains les dérives... Oui, mais je crois que la présomption d’innocence est importante... Oui, mais j’ai peur que certaines femmes surfent sur ce mouvement pour se venger...

Le « Oui, mais » n’existe plus.

Tu es 100 % avec les militantes #MoiAussi, ou tu défends Harvey Weinstein.

Un extrême ou l’autre.

Le centre a disparu.

Ça m’arrive régulièrement.

Je critique l’éducation non genrée ? Je trouve débile l’idée de se faire appeler Sylvie le lundi, le mercredi et le vendredi, et Serge le mardi et le jeudi ?

Eh bien, selon les militants LGBT, je suis transphobe. Je déteste les transgenres. Je trouve que les gens qui ont changé de sexe sont des malades mentaux.

LA TECHNIQUE COUILLARD

C’est drôle, quand c’était George W. Bush qui pensait comme ça, c’était stupide.

Mais quand c’est la gauche qui utilise ce chantage émotif simpliste, c’est correct.

Euh... non.

C’est aussi inacceptable d’un bord que de l’autre !

En fait, ces gens agissent comme les islamistes.

Tu critiques l’Islam radical ? Tu es un raciste ! Tu fais partie du KKK !

C’est une technique vieille comme le monde.

Au lieu de discuter avec ton opposant (ce qui demande du temps, de l’énergie et un minimum d’arguments), tu le dépeins comme un extrémiste infréquentable et radioactif.

Résultat : les gens sont tellement écœurés de se faire traiter de racistes, de xénophobes ou d’homophobes par des hystériques qui sont toujours au bout de leur chaîne, qu’ils finissent pas fermer leur gueule et par prendre leur trou.

C’est la stratégie que Philippe Couillard utilise avec les nationalistes identitaires.

Au lieu de discuter avec eux (ce qui l’obligerait à aller sur LEUR terrain et à parler d’un sujet qu’il maîtrise mal), il les traite de xénophobes et d’intolérants.

Belle façon d’éviter un débat dont l’issue lui semble incertaine...

#OUIMAIS

Eh bien, moi, je résiste !

Je brandis fermement mon « Oui, mais... »

J’en fais mon étendard, mon drapeau, ma devise !

Je revendique haut et fort ma liberté de penser.

Ce n’est pas parce que je ne crois pas aveuglément à un mouvement que je souhaite nécessairement sa disparition.

Je ne suis pas 100 % avec vous ou 100 % contre vous.

Je suis 100 % avec ma conscience...