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Consommation d'opioïdes: le Saguenay cherche des solutions

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SAGUENAY| La mort de Simon Simard, abattu par les policiers de Saguenay en juillet 2016, est un triste rappel prouvant l'urgence d'agir auprès des toxicomanes en détresse.

Le 9 juillet 2016, l'homme de 27 ans était barricadé chez lui dans l'arrondissement de Jonquière depuis 16 heures à la suite d'un vol dans une pharmacie. La police de Saguenay avait dû faire appel au Groupe tactique d'intervention de la Sûreté du Québec (SQ), puisque Simard était muni d'une bombe artisanale.

L'autopsie avait révélé la présence d'une dizaine de médicaments dans son organisme, incluant de la morphine et de l'oxycodone, deux types d'opioïdes.

La police de Saguenay constate que l'ampleur de la surconsommation de médicaments, comme les opioïdes, est inquiétante. «On sait qu'il y a des gens qui vendent même les médicaments qu'ils ont réussi à obtenir de la pharmacie», a noté Bruno Cormier, de la police de Saguenay.

Entre 2016 et 2017, 11 vols ont été perpétrés dans des pharmacies du Saguenay. Des pharmaciens, des travailleurs sociaux, la police de Saguenay et le député de Jonquière Sylvain Gaudreault ont lancé un comité d'action et de prévention contre la consommation d'opioïdes en septembre dernier.

La police de Saguenay s'implique dans le comité parce qu'elle voit un lien évident entre la surconsommation de médicaments et une augmentation du nombre d'interventions pour des individus barricadés.

«Dans chaque cas, oui, on constate une forte présence de médicaments, a révélé Bruno Cormier. Maintenant, on discute de quels seraient les moyens à prendre et comment les mettre de l'avant.»

Le comité est justement en train de dresser son plan d'action. Dans un premier temps, il faut songer à protéger les pharmaciens le plus possible en leur apprenant à agir avec ce type de clients ou en aménageant une aire sécuritaire, a expliqué M. Cormier.

Le comité suggère aussi de s'intéresser aux consommateurs, qui sont de plus en plus jeunes. «Ils développent des dépendances très tôt à ces médicaments», a souligné Me Julien Boulianne, qui avait agi à titre de médiateur dans les heures précédant la mort de Simon Simard.

«Est-ce qu'on en viendra à des formations dans des écoles pour sensibiliser les plus jeunes à la consommation de médicaments? Ça pourrait être possible», a ajouté Bruno Cormier.