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Crise chez les infirmières: le PQ demande un fonds d’urgence

La vice-chef du Parti québécois, Véronique Hivon, et la porte-parole en matière de santé, Diane Lamarre
Photo Simon Clark La vice-chef du Parti québécois, Véronique Hivon, et la porte-parole en matière de santé, Diane Lamarre

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Le gouvernement Couillard doit débloquer «quelques dizaines de millions de dollars» pour résorber la crise d’épuisement professionnel qui secoue le milieu des infirmières, affirme le Parti québécois (PQ).

«Ce que nous demandons, c'est que le gouvernement libère immédiatement une marge budgétaire adéquate pour permettre d'avoir des emplois intéressants, ouverts pour les infirmières, infirmières auxiliaires et évidemment préposées aussi, mais pour les infirmières, infirmières auxiliaires, qu'il y ait des emplois intéressants qui ne les mettent pas dans une situation de contrainte, dans une situation où elles s'exposent à du temps supplémentaire obligatoire», a déclaré mardi la porte-parole péquiste en matière de santé, Diane Lamarre.

La députée de Taillon souligne qu’il y a présentement des «employées en détresse» et des «patients vulnérables».

De plus, le PQ prône une révision des ratios, comme le demande la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ). «Il faut absolument améliorer le nombre de professionnelles disponibles par patient», dit Diane Lamarre.

«Le contexte actuel nous démontre qu'il n'y a pas suffisamment d'infirmières par groupe de patients, alors il faut absolument bonifier la proportion d'infirmières pour avoir plus d'infirmières, d'infirmières auxiliaires pour un certain nombre de patients, selon la complexité de ces patients-là», ajoute-t-elle.

D’ailleurs, le PQ déposera mardi, lors de la rentrée parlementaire à Québec, une motion sans préavis afin de dénoncer «la surcharge de travail des infirmières, infirmières auxiliaires et préposés aux bénéficiaires», en plus de demander «au gouvernement l’ajout immédiat d’effectifs pour régler cette crise».

Québec solidaire appuie

Prenant la parole quelques minutes plus tard, Québec solidaire s’est également dit en faveur d’une injection de fonds pour créer des postes d’infirmières supplémentaires.

Cette mesure aurait pour effet de diminuer le nombre de patients par infirmière, permettant ainsi de créer des conditions de travail plus attrayantes pour pourvoir les postes actuellement laissés vacants.

«Je comprends très bien des infirmières qui ne peuvent pas logiquement, humainement, se taper cinq jours de travail avec la lourdeur de la tâche qui les attend», plaide le député solidaire Amir Khadir.

La vice-chef du Parti québécois, Véronique Hivon, et la porte-parole en matière de santé, Diane Lamarre
Photo Simon Clark

Rencontre Barrette-FIQ

Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, doit rencontrer les représentants de la FIQ mardi vers 16 h, après une semaine de tourmente dans le dossier des infirmières.

Tout a débuté par le cri du cœur d’une infirmière sur Facebook, Émilie Ricard. La jeune femme de 24 ans se disait épuisée après une nuit à devoir s’occuper de plus de 70 patients. L’infirmière déplorait également ne pas avoir la capacité de s’occuper des patients adéquatement.

En parallèle, des infirmières de divers établissements au Québec lançaient un mouvement de sit-in pour dénoncer le manque de ressources, tandis que la FIQ lançait une offensive publicitaire sur le web.

La FIQ profitera notamment de la rencontre avec le ministre Barrette pour réitérer sa demande de créer des ratios de patients par professionnels de la santé.

En entrevue à l’émission La Joute lundi, le ministre a dit souhaiter «une conversation ouverte» avec les représentants des infirmières. «Je vous dirais qu’actuellement on n’est pas nécessairement loin dans les concepts, a-t-il ajouté. Il y a sans aucun doute, par contre, des difficultés dans la mise en opération de tout ça.»