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Les marchés européens toujours en berne après l’effondrement de Wall Street

Les marchés européens toujours en berne après l’effondrement de Wall Street
AFP

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PARIS | Les marchés européens reculaient encore sévèrement mardi à la mi-journée, restant sous le coup de la chute spectaculaire de Wall Street lundi soir, qui s’est aussi propagée aux places asiatiques.

Si la baisse était un peu moins prononcée qu’à l’ouverture, elle restait marquée.

Peu après 14H00, la Bourse de Paris perdait ainsi 2,31 %, celle de Londres 1,95 % et celle de Francfort 2,15 %.

« Le mouvement est brutal. Les investisseurs n’avaient pas connu de telles baisses depuis des années », souligne auprès de l’AFP Jean-Louis Mourier, un économiste du courtier Aurel BGC.

Et la question qui était sur toutes les lèvres mardi était de savoir si la baisse serait passagère ou ne faisait que commencer.

Pour la majorité des experts, si l’agitation peut encore durer quelques jours, la bonne santé économique actuelle et les bons résultats des entreprises, notamment américaines, ne justifie pas une baisse prolongée.

« Objectivement les conditions ne sont pas réunies pour avoir un véritable krach », déclare ainsi à l’AFP Vincent Juvyns, un stratégiste de JPMorgan AM.

« Au niveau économique, rien n’a changé. Au contraire, les derniers indicateurs ne font que confirmer que l’économie mondiale demeure robuste », complète-t-il.

« Le marché américain avait besoin d’une respiration » après un début d’année en fanfare et « de mon point de vue, rien ne permet d’indiquer une tendance baissière de long terme. Il y a de bons fondamentaux. Beaucoup d’entreprises font encore de bons résultats », relève également Christopher Dembik, responsable de la recherche économique chez Saxo Banque.

Wall Street très attendue 

Les investisseurs regardaient du coup avec beaucoup d’espoir du côté des États-Unis pour voir à quoi allait ressembler la prochaine séance de Wall Street.

L’orientation s’annonçait certes encore négative mais la baisse beaucoup plus limitée, au vu de l’évolution des contrats à terme, qui donne une indication sur l’ouverture à venir des places boursières.

L’année 2018 avait pourtant bien commencé, les indices boursiers enchaînant les records à New York.

Vendredi, la publication aux États-Unis du rapport mensuel sur l’emploi a subitement changé la donne. Bonne nouvelle pour l’économie américaine, l’annonce d’une augmentation significative des salaires en janvier a eu un effet dévastateur sur les marchés en ravivant les craintes d’inflation, et donc d’un resserrement monétaire américain à un rythme plus rapide que prévu.

Dans la foulée, les taux de rendement des bons du Trésor se sont enflammés et Wall Street a trébuché.

Lundi, les pertes se sont accrues et l’indice vedette Dow Jones a chuté de près de 1600 points en séance, avant de clôturer en baisse de 4,60 %.

Les places financières asiatiques ont emboîté le pas à Wall Street, Tokyo en tête avec une perte de 4,73 % mardi, du jamais vu depuis l’élection de Donald Trump à la Maison-Blanche. Hong Kong a aussi perdu plus de 5 % en clôture et Shanghaï plus de 3 %.

« Les investisseurs sont convaincus que l’inflation revient et que les taux d’intérêt vont grimper plus haut que ce qui avait été anticipé », a résumé Stephen Innes, responsable des transactions Asie-Pacifique chez Oanda, interrogé par l’AFP.

Sur le marché obligataire, les taux d’emprunt américains restaient sous pression. Le rendement à 10 ans progressait à 2,721 % contre 2,706 % lundi à la clôture.

À l’inverse, le marché européen était recherché, jouant son rôle de valeur refuge. Vers 13H00 GMT, le taux d’emprunt à 10 ans de l’Allemagne, le fameux Bund qui fait référence sur le marché, reculait à 0,683 % contre 0,736 % la veille.

Le yen et l’or, également prisés en période agitée, se renforçaient aussi logiquement.

Toutefois, malgré ces impressionnantes dégringolades des marchés, les observateurs restaient sereins. « Nous pensons que c’est une correction saine et en même temps éphémère », relevait Peter Garnry, analyste de Saxo Banque.

« Le moment était venu d’une correction », estimait aussi Stephen Innes, sans y voir non plus les prémices d’un « krach ».