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Mort parce qu’il voulait être payé

Guy Perron a fait une chute mortelle alors qu’il récupérait des poutres d’acier

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L’homme de 55 ans mort alors qu’il se trouvait à l’intérieur de l’ancienne usine Graphic Packaging de Jonquière en mars dernier était sur place parce qu’il devait être payé avec du « stock », révèle le rapport du coroner rendu public mardi matin.

Guy Perron était bel et bien employé par la compagnie BayShore (qui est propriétaire de l’usine désaffectée de Jonquière) lorsqu’il a fait une chute mortelle le 2 mars 2017.

Le rapport du coroner Jean-Marc Picard nous apprend que M. Perron s’occupait de la surveillance des machines avant leur vente et qu’il effectuait le déneigement du site pour que l’usine demeure accessible. Le hic, c’est que la victime avait, semble-t-il, de la difficulté à se faire payer depuis quelque temps.

Le coroner Picard écrit qu’un texto retrouvé dans le cellulaire de Guy Perron et envoyé à un responsable de BayShore démontre qu’une entente avait été conclue pour que ce dernier se paye « en stock ».

Le jour du drame, Guy Perron s’affairait donc à ramasser des poutres d’acier avec trois autres personnes afin de les revendre. En fin de journée, la victime a été retrouvée par un de ses acolytes, gisant au sous-sol après avoir fait une chute d’une vingtaine de pieds à travers un trou de plus de 6 pieds de large.

Photo d’ARCHIVES, AGENCE QMI

 

MORT ACCIDENTELLE

Une encolure de béton qui faisait le tour de l’orifice a probablement causé la chute du travailleur. L’endroit est décrit comme étant abandonné, à moitié démoli et très peu sécuritaire avec des trous, des fils et de la glace partout.

« Il connaissait bien les lieux, mais il ne portait pas de lampe frontale malgré une obscurité omniprésente [...] il est évident que ce décès est de nature accidentelle », conclut le coroner.

Guy Perron est décédé des suites d’une hémorragie cérébrale post-traumatique.

À la suite de l’enquête de la CNESST, des mesures correctives ont été apportées pour couvrir les ouvertures dans les planchers et assurer un éclairage adéquat.

En septembre, devant l’inaction de BayShore, les anciens propriétaires Graphic Packaging ont accepté de verser 15 000 $ à la Ville de Saguenay pour installer une clôture autour du site, régulièrement visité par des vandales.