/opinion/columnists
Navigation

Victoire morale

Émile Loranger
Photo d'archives, Jean-François Desgagnés Le maire de L'Ancienne-Lorette, Émile Loranger

Coup d'oeil sur cet article

Les admissions de Québec dans le dossier des quotes-parts, qui totalisent huit millions $ au jour un du procès opposant les trois villes de l’agglomération, constituent une belle victoire morale pour le maire Émile Loranger.

Maire de L’Ancienne-Lorette depuis une trentaine d’années, M. Loranger n’a pas hésité à mettre sa tête sur le billot dans le litige sur les quotes-parts. Bien qu’il bénéficie d’un appui massif de ses concitoyens, ça prenait un front de bœuf pour se lancer dans de telles démarches, lesquelles ont coûté jusqu’à maintenant 5,5 M$ à cette ville d’à peine 16 000 habitants.

Pendant la dernière campagne électorale, M. Loranger avait affirmé que, selon lui, la Ville de Québec ne pensait jamais qu’il irait jusqu’au bout dans cette affaire, qu’il n’aurait pas les reins assez solides. Sa lecture était très plausible. C’était bien mal le connaître.

Au peigne fin

La cause fait ressortir la difficulté, pour les villes défusionnées, de se défendre si elles considèrent que Québec est trop gourmande et les surfacture. Afin de monter le dossier, les avocats représentant L’Ancienne-Lorette ont en effet dû passer au peigne fin le budget de près d’un milliard et demi $ de Québec, pour une analyse qui équivalait à chercher une aiguille dans une botte de foin, a-t-on exposé lundi.

Au bout de l’exercice, il fallait encore procéder à des calculs très complexes, opération décrite comme un «cauchemar envisagé». Le rapport actuariel n’est d’ailleurs pas terminé.

Maintenant, tout n’est pas gagné pour L’Ancienne-Lorette et Saint-Augustin, qui espèrent récupérer plus de 30 M$. Afin de justifier certains frais facturés, Québec estime que l’entente de 2009 intervenue entre les élus était de «nature politique», ce que nie la poursuite. Chacun fera valoir son point de vue et ce sera au tribunal de trancher.

Lutte à finir

Le juge Bernard Godbout a par ailleurs démontré une certaine préoccupation à savoir qu’il espérait être en mesure d’établir les règles à suivre pour le futur entre les villes de l’agglomération.

Il serait en effet inopportun que les villes défusionnées soient contraintes de se présenter en cour aux trois ou quatre ans afin de faire valoir leur interprétation des règles du jeu. Celles-ci doivent être bien précisées, afin de demeurer claires et solides malgré les changements d’administration ou l’ajout de services ou d’infrastructures.