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De possibles croisières d’hiver sur le fleuve

Une opération séduction auprès de trois compagnies sera lancée ce weekend pour développer ce nouveau créneau

De possibles croisières d’hiver sur le fleuve
Photo Mathieu Bélanger

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L’Association des croisières du Saint-Laurent se lance dans une véritable opération séduction dans le but d’attirer des croisiéristes à découvrir le fleuve et la province en hiver, un projet à long terme qui ferait compétition à d’autres destinations nordiques comme l’Alaska et la Patagonie.

Des représentants de trois compagnies de croisières internationales atterriront à Québec d’ici samedi pour entreprendre une visite guidée des attractions hivernales clés de la province. Des Montréal à Saguenay en passant par Trois-Rivières et Québec, les dirigeants découvriront les charmes du Québec hivernal.

«On va leur montrer ce que c’est l’hiver. Et Dieu sait qu’on en a tout un cette année», lance, confiant, le directeur général des Croisières du Saint-Laurent, René Trépanier. «On veut leur montrer autant l’aspect urbain que l’aspect plein air.»

La délégation, composée de la compagnie française Ponant, de la Norvégienne Hurtigruten et d’Adventure Canada de Toronto, découvrira notamment les joies du traineau à chien, de la motoneige, de la pêche sur glace ainsi que les charmes du Vieux-Québec, de l’Hôtel de Glace et du Carnaval.

Défi de navigation

Avant de partir à la découverte, les trois compagnies rencontreront la Garde Côtière, Transports Canada et des pilotes du Saint-Laurent pour discuter de l’enjeu de la navigation hivernale. Malgré les défis et l’hiver extrêmement difficile que les brise-glaces connaissent actuellement, M. Trépanier demeure somme toute positif.

«Les conditions hivernales extrêmes nous inquiètent comme elles inquièteraient n’importe quel capitaine. [...] Mais c’est une contrainte à laquelle on peut faire face. Cet hiver est un hiver exceptionnel, mais est-ce que ce sera comme ça dans trois ans? On ne s’empêchera pas de lancer le produit pour ça», assure le dg de l’association.

Ce dernier se permet de voir d’un œil aventurier les risques d’emprise sur les glaces du fleuve. «À la rigueur, les gens qui vont prendre les croisières, les maniaques d’exploration et d’aventure, vont peut-être même souhaiter ça. Ils veulent avoir de quoi d’exceptionnel à raconter et de rester coincé dans les glaces quatre ou cinq heures, c’est une expérience dans laquelle on n’est pas en danger.»

Du côté du Port de Québec, on assure être en mesure de recevoir des navires dans les difficiles conditions de janvier et de février. «Ça prend d’abord des navires spécialisés ‘’Ice Class’’, avec une coque résistant à la glace. Et ensuite, il va falloir travailler avec l’ensemble des partenaires, mais ça se fait ailleurs dans le monde, donc on est confiant d’être en mesure de le faire nous aussi», explique Marie-Andrée Blanchet, porte-parole de l’organisme qui n’a jamais caché son envie de développer un marché semblable.

Opportunités

Les différents intervenants consultés par Le Journal s’entendent pour dire que ce type de prospection apportera des opportunités d’affaires intéressantes pour la région. Le directeur des communications et du marketing de l’Office du tourisme de Québec espère que les résultats seront au rendez-vous comme par le passé.

«On a déjà fait le même genre de démarchage il y a quelques années avec Disney Cruise Line et on voit où ça a abouti, ils viendront nous visiter l’automne prochain pour la première fois», rappelle Éric Bilodeau, qui envisage la venue des croisières nordiques d’ici trois ou quatre ans.

L’Association des croisières du Saint-Laurent elle voit grand pour son projet et croit que l’attrait pour le fleuve en hiver peut faire jaser à l’international. Si le passage du premier bateau de croisière dans le passage du Nord-Ouest en Arctique avait fait grand bruit en 2016, René Trépanier croit réaliste d’anticiper une réponse semblable.

«Ils ont eu une couverture incroyable et on s’attend à ce genre d’attention pour notre projet. Quand les compagnies vont en Arctique, c’est en été, mais elles n’ont jamais tenté la navigation en plein cœur de l’hiver», affirme le directeur général.

Au-delà des entreprises touristiques, d’autres compagnies québécoises pourraient aussi bénéficier de ce nouveau créneau. L’entreprise de vêtements Chlorophylle a notamment saisi la balle au bond en offrant d’habiller les membres de la délégation qui sillonnera la province au cours des prochains jours. «Ces touristes-là devront être vêtus chaudement, c’est une autre belle opportunité qu’on veut créer», ajoute René Trépanier.