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L’appui de Plante au REM déçoit

Des opposants au train de la Caisse continuent d’affirmer que ce projet n’est pas bon pour les Montréalais

Bloc Train électrique REM
Photo Courtoisie La ligne de train du REM reliant le centre-ville de Montréal et la Rive-Sud devrait être en service à l’été 2021. Les travaux devraient commencer en avril prochain.

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L’appui de la mairesse Valérie Plante au projet de train électrique de la Caisse de dépôt et placement du Québec a déçu certains de ses anciens soutiens, elle qui avait pourtant affiché plusieurs réserves durant la dernière campagne électorale.

La mairesse de Montréal n’a pas caché son enthousiasme jeudi matin lors de la conférence de presse annonçant les choix de consortium qui mettront sur les rails le Réseau express métropolitain (REM), le train léger de la Caisse.

« Le ciel est bleu, on ramasse la neige depuis deux jours et on parle de mobilité. C’est le bonheur », a lancé Mme Plante, qui s’est exprimée aux côtés du premier ministre Philippe Couillard, du ministre des Transports fédéral Marc Garneau et du patron de la Caisse de dépôt Michael Sabia.

Même si la Caisse a présenté des changements mineurs au projet initial, la mairesse a parlé de « gains substantiels pour la population ». Elle s’est notamment félicitée de la promesse de la Caisse de partager l’utilisation du tunnel du Mont-Royal avec d’autres moyens de transport.

Un discours bien différent de celui que tenait Mme Plante dans une lettre qu’elle avait adressée en janvier 2017 au premier ministre Justin Trudeau.

« Tout investissement massif dans le transport collectif montréalais devrait améliorer la mobilité des résidents de quartiers enclavés et présentement mal desservis, tant dans l’est que dans l’ouest de l’île. Dans son état actuel, le REM ne répond pas de façon satisfaisante à cet objectif », disait la future candidate de Projet Montréal.

« Fausse promesse »

Pour Jean Fortier, qui s’était désisté lors de la dernière campagne en faveur de Valérie Plante, ce changement de discours montre la faiblesse de la politique. « Je ne lui en veux pas, mais je suis déçu », dit-il.

M. Fortier estime également que le tracé proposé par la Caisse continue de favoriser l’étalement urbain.

« Le REM traverse des zones faiblement peuplées et il risque de nuire à certaines lignes existantes sans apporter de solution pour des secteurs mal desservis », affirme l’ex-candidat.

M. Fortier ne croit pas non plus dans le partage du tunnel du Mont-Royal. « C’est une fausse promesse ! La technologie permettant de faire rouler deux moyens de transport différents sur les mêmes rails n’existe pas », s’insurge-t-il.

Sans vouloir trop s’avancer sur le sujet, Réjean Benoit, membre de la coalition Trainsparence qui s’oppose au REM, s’est aussi dit « déçu » par l’appui de Mme Plante au REM.

« Surtout que je suis cofondateur du parti Projet Montréal », précise-t-il.

Chicane

Pour l’architecte et urbaniste Michael Fish, il est clair que « ce revirement va créer de la chicane » au sein du parti de Mme Plante.

« Je ne connais pas un seul expert indépendant qui appuie ce projet. Son financement manque de transparence et il risque de coûter très cher aux générations futures. Ce sera pire que le Stade olympique », prévient-il.

Interrogé sur le changement de discours de la mairesse, le responsable des transports au comité exécutif de Montréal, Éric Alan Caldwell, affirme que le discours de la mairesse reste constant.

« Elle a toujours dit qu’elle voulait que le REM soit un bon projet pour les Montréalais », insiste l’élu.

Ce qui a été annoncé jeudi

  • La ligne du train vers la Rive-Sud sera en service à l’été 2021. Pour les lignes vers le nord et vers l’ouest, l’échéancier n’est pas précisé
  • Le projet coûtera 6,3 milliards $ et non 6 milliards $. Le surcoût sera assumé par la Caisse. Le coût du trajet pour les voyageurs n’est pas précisé
  • Une des 27 stations prévues est supprimée et l’entrée dans Montréal en provenance du pont Champlain n’est plus souterraine
  • SNC Lavalin sort grande gagnante puisqu’elle fait partie des deux consortiums qui ont remporté les appels d’offres
  • Le train garde le nom REM, par contre l’acronyme ne signifie plus Réseau électrique métropolitain, mais Réseau express métropolitain