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Passion américaine, tiédeur québécoise

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Bien que je sois un septuagénaire, l’intensité culturelle incroyable de nos voisins du Sud continue de me surprendre lorsque j’en suis témoin. Non seulement leur domination par le cinéma et par la musique est globale – je la retrouve partout sur terre en voyageant (sauf au Bhoutan et en Corée du Nord) –, mais sur place pendant les grands événements, on est comme électrisé !

J’étais aux États-Unis pendant la fin de semaine dernière et la grande messe du Super Bowl. J’étais loin de l’épicentre du Minnesota où l’événement se déroulait. Je n’étais pas non plus dans le Philadelphie des Eagles ou près du Boston des Patriots, mais je m’y serais cru.

Même à partir de Cap Canaveral et d’Orlando, je pouvais voir comment ce pays de rêve récupère ses étrangers nouvellement arrivés – en fait des citoyens participant à la ferveur nationale – en les noyant dans sa culture sportive et musicale.

Messe nationale

Oui, le Super Bowl est une « messe » nationale où tout le monde communie, malgré l’animosité quotidienne et les relents racistes de l’actualité. Ce match accomplit pendant quelques heures ce qui était le but des Olympiques des origines : réconcilier les cités en guerre.

Des gens de tous les âges – des bébés à leurs arrières grands-parents – et de toutes les cultures, ethnies et conditions – du clochard au milliardaire –, portaient les couleurs de l’une ou l’autre équipe.

Intensité

La ferveur est vingt fois plus intense aux États-Unis que chez nous dans La Mecque du hockey lorsque le Canadien se rend profondément dans les séries. Pendant le Super Bowl, 99 % des gens étaient à l’écoute. Les restos, les bars, les radios des autos, etc. Le bruit semblait émaner du sol.

Il y a une dizaine d’années, une étude montrait que près des deux tiers des nouveaux arrivants chez nous continuaient de rêver de passer aux États-Unis. Alors qu’ici, une armée de bonasses et de bien-pensants éteignent le feu, refusent d’exiger le français, cachent le drapeau et empêchent d’enseigner l’histoire... même à nos propres enfants.