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Priorité aux cyclistes d’élite

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Le rêve de Luc Ferrandez, maire du Plateau Mont-Royal, d’empêcher les autos de traverser le Mont-Royal deviendra réalité ce printemps, grâce à un projet pilote radical.

La mort d’un jeune cycliste à l’entraînement happé l’an dernier par une voiture qui faisait demi-tour semble justifier ce projet, mais est-ce dans l’intérêt public ?

De plus, Luc Ferrandez songe à rétrécir la voie publique pour en faire un chemin de parc et tester un bus sans chauffeur.

N’ayez crainte, on pourra encore atteindre le sommet du Mont-Royal, et y stationner, mais sans pouvoir redescendre de l’autre côté.

Difficile de voir comment cette configuration va réduire les risques d’accidents auto-vélo.

Décision élitiste

Vélo-Québec jubile, comme si les cyclistes du dimanche – et leurs enfants - s’attaquent aux flancs de la montagne avec la fougue des grimpeurs du Tour de France pour redescendre à une vitesse folle.

Vu sous cet angle, le projet Ferrandez servira à aménager une piste réservée aux cyclistes d’élite.

Projet écologique ? Les quelque 10 000 automobilistes qui l’utilisent chaque jour pour passer rapidement d’est en ouest iront décharger leur monoxyde de carbone dans les rues résidentielles qui contournent la montagne.

Le parc du Mont-Royal et Central Park à New York ont tous deux été imaginés par l’architecte-paysagiste américain Frederick Law Olmsted.

Central Park, en plein cœur de New York, est quadrillé de chemins. Les accès au nord de la 72e ont été fermés aux automobiles en 2015. Trois rues est-ouest demeurent accessibles, mais avec des restrictions. Deux ne sont utilisables que de 8 h à 10 h le matin en semaine et Center Drive, la principale, demeure ouverte de 7 h à 19 h, du lundi au vendredi.

La vitesse est limitée à 35 km à l’heure.

Montréal agit par idéologie, mais New York sert l’intérêt du plus grand nombre.