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Pyeongchang 2018: la dernière touche à son héritage

Le vétéran Charles Hamelin aimerait que les jeunes patineurs de vitesse sur courte piste du Québec continuent de marquer l’histoire de ce sport.
Photo Didier Debusschère Le vétéran Charles Hamelin aimerait que les jeunes patineurs de vitesse sur courte piste du Québec continuent de marquer l’histoire de ce sport.

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GANGNEUNG | Mentor, légende ou ambassadeur ; Charles Hamelin pourra emprunter tous les titres quand il en aura fini avec la courte piste dans quelques semaines. Mais avant, il lui reste une dernière mission.

Les astres ont choisi la Corée du Sud, où habite l’une des puissances mondiales du patinage de vitesse, pour que l’un des plus grands athlètes canadiens de son époque y vive ses quatrièmes et derniers Jeux olympiques. Hamelin défie de trouver mieux comme souvenir que Vancouver en 2010, des Jeux qu’il qualifie de « difficiles à déloger » en raison de ses deux médailles d’or, mais Pyeongchang pourrait lui procurer autre chose.

« Avant tout, je veux vraiment avoir le sentiment que j’ai tout laissé derrière moi sur la glace. Ce sont mes derniers Olympiques et je veux être sûr de n’avoir aucun regret. Si ce sentiment m’habite après ma dernière course le 22 février, ce seront des Jeux dont je serai satisfait », affirme l’athlète à la barbe hirsute, analyste et posé comme c’est son habitude.

Le vétéran Charles Hamelin aimerait que les jeunes patineurs de vitesse sur courte piste du Québec continuent de marquer l’histoire de ce sport.
Photo Didier Debusschère

« Encore capable de gagner »

Même en survol, la liste de ses succès commande un paragraphe à lui seul : quatre breloques olympiques, dont trois en or ; 26 médailles à des championnats du monde depuis 2005, dont 18 individuelles ; plus de 100 podiums en Coupe du monde.

Ce parcours le plus prolifique de la part d’un même homme dans l’histoire de ce sport ne l’a pas usé. Ses deux podiums dans les quatre Coupes du monde avant les Fêtes attestent qu’il n’a pas ralenti et qu’il lui est légitime d’aspirer encore au podium, du moins au 1000 m, la seule distance l’ayant privé d’une médaille dans sa vie olympique.

« Je suis encore capable de gagner des courses et je l’ai prouvé cette saison. Tant que tout est dans la ligne de mire et sous contrôle, les médailles sont encore à ma portée. La grosse différence avec les autres années, c’est que le niveau du courte piste a énormément évolué, surtout du côté masculin. Le bassin de patineurs capable de gagner une médaille a quadruplé et même quintuplé depuis les derniers Jeux », observe le patineur de 33 ans qui, comme Samuel Girard, s’élancera dans les trois distances individuelles.

Aider les jeunes

Malgré le respect qu’il impose, Hamelin peut contribuer avec son comportement juvénile à l’effet rassembleur de l’équipe. Au dernier blitz médiatique au Village des athlètes avant le début des courses, mercredi soir, il y avait un peu de lui dans l’atmosphère détendue.

Au-delà de tous ses objectifs de médailles ici, il y a autre chose qui lui tient à cœur dans l’héritage qu’il souhaite laisser.

« J’aurais pu ne pas faire le dernier cycle olympique et ma carrière aurait été bien remplie. J’aurais été un athlète dont le monde se serait souvenu comme un Canadien qui a gagné quatre médailles, dont trois d’or. Ça aurait fait de moi un athlète d’exception. J’ai décidé de continuer, d’abord pour l’amour de mon sport, ensuite pour l’ambiance qu’il y a dans l’équipe et avec le monde qui nous entoure », concède-t-il.

« Mais je voulais aussi avoir le sentiment d’aider les jeunes. Je voulais m’assurer qu’ils puissent continuer de marquer l’histoire... »

Fissure effacée, confiance élevée

Charles Hamelin a trouvé à l’approche des Jeux une surdose de confiance qui se cachait dans la bottine de son patin droit !

Une dizaine de jours avant son départ pour Pyeongchang, le technicien de l’équipe canadienne a décelé dans le carbone intérieur du patin une fissure qui provoquait une torsion non souhaitée de la bottine. Depuis deux ans, Hamelin croyait pourtant que le problème qui le hantait se trouvait dans la lame.

De nouvelles couches de carbone ont solidifié à nouveau la bottine, de laquelle Hamelin a dû se séparer durant trois jours.

« Dès que j’ai retrouvé ma bottine, j’ai senti un changement instantané. Je me suis senti tout de suite plus solide », a constaté le vétéran.

L’issue d’une course en courte piste se joue souvent sur des millimètres...

Mieux faire qu’à Sotchi

L’éclosion de Samuel Girard et de Kim Boutin donne à l’équipe canadienne de nouveaux arguments pour espérer améliorer la récolte de trois médailles d’il y a quatre ans à Sotchi. Seuls Charles Hamelin (or au 1500 m) et Charle Cournoyer (bronze au 500 m) avaient obtenu des podiums individuels avant la deuxième place du relais féminin au dernier jour des Jeux.

Quatre patineurs s’exécuteront dans les trois distances individuelles ici, soit Girard, Hamelin, Boutin et Marianne St-Gelais. Valérie Maltais (1000-1500 m), Cournoyer (1000 m), Pascal Dion (1500 m) et Jamie McDonald (500 m) se sont vu attribuer les autres commandes, alors que François Hamelin et Kasandra Bradette seront limités aux relais.

Le premier des cinq programmes des Jeux, samedi à 5 h (heure du Québec), sera réservé à l’épreuve entière du 1500 m chez les hommes, ainsi qu’aux rondes éliminatoires du 500 m féminin et du relais

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