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Quelques mois de prison pour une fraude de 1,4M$

Brigitte Laflamme avait vivement répondu à son ancien patron Michel Levac, qui lui avait souhaité un bon séjour en prison, en juin, au palais de justice de Longueuil.
Photo d'archives, Chantal Poirier Brigitte Laflamme avait vivement répondu à son ancien patron Michel Levac, qui lui avait souhaité un bon séjour en prison, en juin, au palais de justice de Longueuil.

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Victime d’une fraude de 1,4 million $, un homme d’affaires de Boucherville est furieux que son ancienne comptable et amie puisse déjà profiter d’une semi-liberté, après avoir purgé seulement huit mois des quatre ans de prison dont elle avait écopé.

Michel Levac
Photo Martin Alarie
Michel Levac

« On fait confiance à une dame qui a volé et menti pendant plus de 10 ans parce que du jour au lendemain, son problème est réglé ? Je ne crois pas à ça », s’est indigné Michel Levac, l’ancien patron de Brigitte Laflamme.

La fraudeuse de 60 ans est une femme libre depuis mercredi, puisque la Commission des libérations conditionnelles du Canada (CLCC) a jugé son risque de récidive « de faible à modéré ».

Après avoir plaidé coupable à des accusations de fraude, de fabrication et d’utilisation de faux documents, la sexagénaire avait été envoyée quatre ans derrière les barreaux en juin dernier. Elle aura finalement purgé le sixième de cette peine.

Brigitte Laflamme doit toujours rembourser la somme totale volée d’ici 10 ans, sans quoi elle retournera en prison.

Un stratagème simple

Comptable pour la compagnie Bellemont Powell, un courtier en alimentation de Boucherville, Brigitte Laflamme a réussi à voler près de 1,4 million $ à son employeur entre 2005 et 2015.

Son stratagème était pourtant simple : elle fabriquait de faux chèques, imitait la signature de son patron, encaissait les chèques en argent comptant et déposait le montant dans son compte personnel. Elle camouflait ensuite ses traces en entrant de fausses données dans le système comptable. Elle a avoué s’être payé du luxe, comme des voyages, avec l’argent volé.

Traumatisé

M. Levac, qui s’était d’ailleurs lié d’amitié avec son employée, a lui-même découvert le stratagème à l’été 2015 et l’a dénoncée aux autorités.

« Le traumatisme subi est encore présent chaque jour, a rappelé l’homme d’affaires. Quand tu es propriétaire d’une PME, tu dois faire confiance à tes employés, mais depuis que j’ai découvert la fraude, c’est vraiment difficile. Ce n’est plus du tout la même chose. »

Pendant qu’elle était en attente de sa sentence, Brigitte Laflamme a récidivé en fraudant son nouvel employeur. Elle a été filmée en flagrant délit de vol par les caméras du concessionnaire automobile pour lequel elle s’occupait également de la comptabilité.

La fraudeuse a encore tendance à se victimiser, notamment en jetant le blâme sur son mari, note la CLCC. Or, le commissaire a souligné qu’elle avait démontré des signes de remords lors de sa dernière audience.

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