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Une contravention pour un remorquage fantôme

Des résidents de Drummondville ont reçu un constat d’infraction de la Ville de Montréal alors qu’ils se trouvaient à 100 km du lieu de l'infraction

Lise et Claude Caron ont reçu une contravention de 128 $ de la Ville de Montréal pour un remorquage effectué durant une opération de déneigement dans l'arrondissement de Lachine, mais ils ne se sont jamais trouvés à cet endroit. Au moment de l'«infraction», Mme Caron se trouvait dans les rues de Drummondville.
Photo Pierre-Paul Biron Lise et Claude Caron ont reçu une contravention de 128 $ de la Ville de Montréal pour un remorquage effectué durant une opération de déneigement dans l'arrondissement de Lachine, mais ils ne se sont jamais trouvés à cet endroit. Au moment de l'«infraction», Mme Caron se trouvait dans les rues de Drummondville.

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Lise et Claude Caron, de Drummondville, ne comprennent pas pourquoi ils ont reçu une contravention pour un remorquage à Montréal en décembre, alors que leur camion ne s’est jamais trouvé dans la métropole.

Lise Caron ne décolère pas depuis qu’elle a reçu une contravention de 128 $ adressée à l'entreprise de déneigement qu’elle et son conjoint Claude gèrent depuis plusieurs années. L’amende concerne le remorquage d’un véhicule de l’entreprise qui aurait été effectué le 15 décembre au matin, lors d’une opération de déneigement dans l’arrondissement de Lachine, à Montréal.

Le problème est que le camion en question circulait au même moment dans les rues enneigées de Drummondville, à plus de 100 km.

«C’est drôle, mais nous aussi on était dans le déneigement, ces jours-là. [...] J’ai été dans le pick-up une partie de la journée à Drummondville, je l’ai toujours eu avec moi», raconte la femme qui ne comprend pas comment une telle situation peut se produire.

Lise et Claude Caron ont reçu une contravention de 128 $ de la Ville de Montréal pour un remorquage effectué durant une opération de déneigement dans l'arrondissement de Lachine, mais ils ne se sont jamais trouvés à cet endroit. Au moment de l'«infraction», Mme Caron se trouvait dans les rues de Drummondville.
Photo Pierre-Paul Biron

Aucune solution

Comme le numéro de plaque inscrit sur la contravention est bel et bien celui du Dodge Ram 2015 de l'entreprise, la cour municipale de Montréal a indiqué à Mme Caron qu’il était de sa responsabilité de prouver son point.

En d’autres mots, malgré l’illogisme de la situation, tout ce qu’elle peut faire est de se présenter en cour pour contester l’infraction. Une démarche qui pourrait lui coûter encore plus cher que la contravention elle-même.

«Ce ne sont pas les 128 $ qui me dérangent, c’est le principe. Je n’étais pas là! Est-ce que je vais manquer une journée de travail, faire Drummondville-Montréal aller-retour, payer l’essence, le stationnement et me taper leurs cônes orange pour ça? C’est totalement niaiseux», se désole la femme qui, après avoir fait plusieurs demandes, n’a pas obtenu de réponses satisfaisantes.

Lise et Claude Caron ont reçu une contravention de 128 $ de la Ville de Montréal pour un remorquage effectué durant une opération de déneigement dans l'arrondissement de Lachine, mais ils ne se sont jamais trouvés à cet endroit. Au moment de l'«infraction», Mme Caron se trouvait dans les rues de Drummondville.
Photo Pierre-Paul Biron

La Ville muette

Elle s'est adressée au Service de police de la Ville de Montréal, aux responsables du déneigement de la Ville et à la cour municipale, mais personne n'a pu expliquer la situation singulière. En fait, tout ce qu’on lui a dit, c’est qu'on «n’a jamais vu ça».

«Ils ne veulent même pas me dire si le véhicule qui a été remorqué au lieu du mien a été récupéré depuis. Ils doivent bien avoir cette information-là! Et là, on se demande s’il n’y a pas deux véhicules avec la même plaque qui circulent et si ce genre d’histoire ne nous arrivera pas encore», s’inquiète la dame qui affirme «ne jamais aller à Montréal».

La Ville de Montréal n’avait toujours pas d’explication à fournir au Journal, notre demande d’entrevue étant restée sans réponse depuis mardi. De son côté, Mme Caron a fourni des reçus de station-service et de restaurant qui prouvent qu’elle se trouvait bel et bien dans la région de Drummondville le matin du 15 décembre dernier.

Un employé de l’entreprise du couple a aussi confirmé au Journal que les Caron ne se trouvaient pas à Montréal. «On sortait d’une quarantaine d’heures en continu de déneigement, sans sommeil», raconte Jonathan Boucher-Dumont.