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De la haute couture musicale

Microphone Louis-Jean Cormier
Photo Courtoisie Éric Myre L’émission Microphone à Télé-Québec, animée par Louis-Jean Cormier.

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Émission qui propose des rencontres improbables entre différents artistes de la chanson, Microphone sera de retour à Télé-Québec pour une deuxième saison, le mois prochain. À l’occasion de la sortie de l’album numérique de la première saison, cette semaine, Le Journal s’est entretenu avec celui qui anime ce rendez-vous musical, Louis-Jean Cormier.

Après avoir été de l’aventure à grand déploiement de La Voix, comment as-tu vécu la transition vers l’émission beaucoup plus intimiste de Microphone ?

« J’avais le désir de faire de la télé autrement. Je n’ai rien contre les gros shows à grand déploiement comme La Voix, avec les artifices, mais je me demandais pourquoi on n’arriverait pas à avoir un show de télé qui sonne vraiment bien, qui est tourné presque en pellicule et qui est très analogique, organique et naturel. [...] Je trouve qu’en ce moment, les vrais artisans professionnels de la chanson n’ont pas beaucoup de tribunes à la télé. On voit beaucoup de gens qui ne font pas ça dans la vie. Ce sont souvent des comédiens ou des humoristes qui sont invités à venir chanter. Il y a juste Télé-Québec qui met son poing sur la table en faisant Belle et Bum et Microphone. Il joue le rôle d’un télédiffuseur public en donnant une place à l’identité artistique et culturelle. Je déplore un peu le fait que l’autre télédiffuseur public ne fasse rien. »

Dans Microphone, on voit des artis­tes reprendre des chansons connues en compagnie d’autres chanteurs. Que trouves-tu d’intéressant dans ce procédé ?

« Même quand j’étais à La Voix, je disais que l’interprétation d’une chanson, c’est super important. Le concept de base d’interpréter quelque chose, c’est de le traduire dans sa propre langue, de le mettre tellement à sa cause qu’on ne reconnaît presque plus l’original. C’est un peu de la haute couture, ce qu’on fait à Microphone. On déshabille la chanson et on la rhabille autrement. Il y a quelque chose d’hyper créatif là-dedans. »

Comment s’est déroulé le tournage de la deuxième saison ?

« Nous avons tout fini en décembre. Les prestations ont été tournées à l’Olympia et les laboratoires se sont faits dans mon studio. Ç’a été tourné tout au long de l’année. Par exemple, quand Philippe Brach est venu, il n’avait pas encore enregistré son nouveau disque. Il a donc fait des chansons de son album d’avant. [...] C’est intemporel, comme projet. J’ai la prétention de croire que l’album de la première saison va vraiment bien s’écouter dans 20 ans. Il n’y a pas d’artifice, pas de modernité plastique ou aseptisée. »

Que se passe-t-il du côté de ta carrière solo ?

« J’ai terminé ma tournée l’automne dernier. Il me reste présentement quelques jours à travailler sur l’album de Petula Clark, que je coréalise avec Antoine Gratton. Et après ça, je vais prendre une année sabbatique. Mon but est ensuite de revenir avec un disque que j’aurai pris le temps de faire comme du monde et à mon goût. J’ai des envies de changer de peau, au niveau musical. La mise en marché sera un peu tournée vers l’Europe. Les dernières fois où j’y suis allé, c’était de plus en plus palpable. »

Qu’as-tu prévu faire durant cette année sabbatique ?

« Dormir, voyager et m’écouter. Je me suis acheté un super synthétiseur et un drum machine. J’ai le goût de faire des beats sur le bord de la rivière, à mon chalet, en regardant la neige tomber. Pour les voyages, je veux aller me perdre tout seul, peut-être dans le coin du Bhoutan ou du Népal. Je veux aussi faire des voyages avec chacun de mes enfants, des voyages père-enfant, dont un en Californie. »

Karkwa s’est exceptionnellement réuni en octobre dernier pour aider le Festival en chanson de Petite-Vallée. Est-ce qu’il pourrait y avoir des suites à ces retrouvailles ?

« On s’est rendu compte qu’on s’aimait beaucoup et qu’on était heureux, qu’on avait fait de la bonne musique. Mais je ne sais pas ce que ça pourrait amener. Concrètement, sur la table, pour les prochains mois, il n’y a rien de prévu. Dans le band, je pense qu’il y a beaucoup d’intérêt pour qu’on s’installe en studio pour faire un truc. Ce ne serait pas pour l’argent, pas pour faire un come-back ou une tournée. D’ailleurs, cette notion-là de repartir en tournée fait peur à la plupart des gars. On aimerait recréer de la musique ensemble, mais je ne sais pas quand. »


► L’album numérique de la première saison de Microphone est présentement sur iTunes. La deuxième saison sera diffusée dès le 1er mars, à 20 h, sur les ondes de Télé-Québec.