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Femme de pouvoir

Dans cette pièce mise en scène par 
Édith Patenaude, les rôles masculins sont 
défendus par des femmes.
Photo courtoisie charles fleury Dans cette pièce mise en scène par Édith Patenaude, les rôles masculins sont défendus par des femmes.

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La pièce de Shakespeare, Titus Andronicus, qui donne habituellement le pouvoir aux hommes, sera montée au Prospero d’une façon unique en inversant les genres. C’est la metteuse en scène Édith Patenaude qui a eu l’idée de donner les rôles masculins aux femmes et les autres aux hommes. Cette pièce controversée, souvent boudée et rarement montée, connaît ainsi un nouveau souffle.

Après avoir été présentée l’automne dernier au Périscope à Québec, voilà que l’enfant terrible des pièces de Shakespeare, Titus Andronicus, prendra place, dans quelques jours, sur la scène du Prospero. L’œuvre originale, qui remonte à 1594, fait ici l’objet d’une adaptation libre. Elle a non seulement été coupée, remaniée et modernisée, mais elle sera aussi transposée dans une autre époque. « On demeure à Rome, mais nous sommes dans une époque indéfinie », annonce la metteuse en scène Édith Patenaude.

Celle qui signe aussi l’adaptation de Titus estime qu’il n’y a pas assez de pièces où le pouvoir est donné aux femmes. C’est particulièrement vrai lorsqu’il est question des classiques. « On avait envie de ­s’attaquer à un texte de répertoire, mais il n’y en a pas qui offrent de grands rôles ­d’importance aux femmes », fait remarquer Édith Patenaude.

De là l’idée d’attribuer les rôles masculins aux femmes et vice versa. « Comme ça n’existe pas, un classique créé pour des femmes, donnons-nous la permission de s’approprier des rôles puissants et monstrueux de cette façon », souligne-t-elle, en ajoutant qu’il s’agit du même coup d’un constat féministe. Ainsi, une femme violera un homme.

Pièce sanglante

C’est connu, Titus, que l’on surnomme aussi La Très Lamentable Tragédie romaine, est une pièce sanglante, dure, controversée et constituée d’un cycle de vengeance. On y retrouve des scènes de violence, de cannibalisme, de mutilation et de viol.

« Elle ne fait vraiment pas l’unanimité, et le texte compte des faiblesses dramaturgiques », reconnaît la principale intéressée, qui est néanmoins fascinée par ce texte depuis plusieurs années. « Le texte est très sanglant, c’est un véritable feu roulant d’horreur qui sombre dans le grotesque. »

Moyens modestes

Édith Patenaude ne cache pas qu’elle a dû travailler avec des budgets très modestes, au point de ne pas avoir de décor. « Le texte est tellement fort que l’on n’en a pas vraiment besoin », explique-t-elle.

De surcroît, elle a usé d’originalité pour les costumes. « On a acheté les costumes dans une friperie », confie la metteuse en scène. « Ils sont beaux, colorés et brillants. »

Édith Patenaude est également directrice artistique de la compagnie de théâtre de Québec, Les ­Écornifleuses, cofondée par cinq femmes qui ont toutes envie de jouer au théâtre. Elle assure aussi la mise en scène d’Invisibles, une pièce contemporaine cette fois, qui sera présentée au Théâtre La Licorne, à compter du 19 février prochain.

Titus

Auteur : Shakespeare

Mise en scène et adaptation : Édith Patenaude

Distribution : Mykalle Bielinski, Caroline ­Boucher-Boudreau, Véronique Côté, Marie-Hélène ­Lalande, Catherine Larochelle, Dominique Leclerc, ­Joanie Lehoux, Anglesh Major, Guillaume Perreault et Anne Trudel

Du 13 au 24 février

Au Théâtre Prospero

Pour un public averti