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Indignation, déception et résignation

Démantèlement des camps de chasse au caribou

À la suite de l’interdiction de chasser le caribou migrateur dans le Nord-du-Québec depuis une dizaine de jours et du plan de démantèlement présenté par le gouvernement, la pourvoirie Cargair démolira de façon écoresponsable plusieurs de ses camps, dont ceux de la région du lac Boismenu, situés à 310 km au nord-est de LG-4.
Photo montage À la suite de l’interdiction de chasser le caribou migrateur dans le Nord-du-Québec depuis une dizaine de jours et du plan de démantèlement présenté par le gouvernement, la pourvoirie Cargair démolira de façon écoresponsable plusieurs de ses camps, dont ceux de la région du lac Boismenu, situés à 310 km au nord-est de LG-4.

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Les espoirs des chasseurs et de plusieurs investisseurs ont été anéantis avec la présentation d’un plan pour démanteler les camps de chasse du Nord et compenser la fin de la chasse au Caribou.

Ce grand gibier est présent dans le Nord depuis la nuit des temps. À l’époque où les bêtes étaient en surabondance, de nombreux pourvoyeurs ont demandé et obtenu des permis d’exploitation, puis se sont installés à des endroits stratégiques afin de pouvoir intercepter les caribous lors de leur migration.

Les aubergistes de la forêt bâtissaient alors des camps fixes pour y recevoir leur clientèle, mais au grand malheur de plusieurs, les bêtes visées ont changé de route migratrice avec le temps. Ces pourvoyeurs devaient alors parcourir de longues distances afin de permettre à leurs invités de chasser à des endroits fréquentés par le gibier.

Par souci d’économie et pour répondre aux besoins de l’époque, les exploitants, le ministère et les autochtones se sont rencontrés et ils ont permis aux pourvoyeurs touchés par cette réalité de bâtir des camps mobiles à différents endroits stratégiques. Les habitations temporaires, pour répondre aux critères exigés, devaient avoir un toit non rigide et elles devaient être déménagées et rapatriées au camp permanent des pourvoyeurs à la fin de chaque saison.

Malheureusement, à cause de la gestion défaillante de certaines personnes, de faillites, d’infrastructures en piètre état et, dans certains cas, de mauvaises intentions, plusieurs camps de fortune ont été laissés sur place. Rappelons qu’au cours des années 1990 il y a eu près de 110 permis de pourvoiries pour la chasse au caribou dans le Nord et qu’il n’en reste que 13.

« À certains endroits, du haut des airs, à bord de mon avion, il est navrant de regarder les vestiges indésirables de certaines entreprises qui n’ont pas respecté les différentes ententes », déplore le pilote et pourvoyeur Norman Ouellette.

Dernier clou dans le cercueil

La semaine dernière, Québec dévoilait sa « stratégie pour la vitalité et la mise en valeur du patrimoine nordique » visant principalement le démantèlement de quelque 200 camps de chasse sur le territoire nordique. Néanmoins, seulement 300 000 $ des 16 M$ seront consacrés à trouver des solutions afin de permettre aux pourvoyeurs du Nord qui veulent se diversifier d’élaborer des plans d’affaires.

Selon le député de Bonaventure et porte-parole de l’opposition officielle en matière de forêts, de faune et de parcs, Sylvain Roy, « le plan que le gouvernement actuel a présenté vient mettre le dernier clou dans le cercueil du développement faunique du Nord‐du‐Québec et vient asphyxier un secteur économique tout entier ».

Selon M. Roy, au lieu de s’affairer à sauver la région et à redonner de l’élan à son économie, le gouvernement libéral choisit de l’aider à mourir, même si les pourvoyeurs ont proposé plusieurs solutions au ministre, qui est demeuré sourd.

Les pourvoiries du Nord espèrent toujours un appui supplémentaire des élus afin de construire l’avenir du tourisme nordique. M. Blanchette a laissé enten­dre que de l’aide pour les compagnies d’aviation de brousse pourrait venir.

Sur le terrain

Le dirigeant de la pourvoirie Rivière aux Feuilles, Alain Tardif, qui accueillait jadis jusqu’à 325 chasseurs de caribou par année, a deux camps à démolir.

« Nous ne connaissons pas encore les détails en ce qui a trait au démantèlement », dit l’homme d’affaires qui espère que la chasse sera à nouveau permise un jour. Lorsque nous aurons plus d’informations, je pourrai faire travailler certains de mes employés qui, pour l’instant, n’ont plus de boulot. Nous récupérerons ce qui est récupérable et démolirons le reste. Nous ne pouvons pas les brûler puisque nous avions utilisé des matériaux ignifugés. »

« Ce qui est navrant, c’est que plusieurs infrastructures sont laissées à l’abandon, sans même savoir à qui elles appartenaient. Le côté positif du plan proposé par les élus aura pour effet, je l’espère, de faire disparaître les ruines et les bâtiments qui n’ont plus raison d’être. »

Le propriétaire de la pourvoirie Cargair limitée, Norman Ouellette, n’a pour sa part aucun espoir de pouvoir exploiter ses installations dans le futur. Il doit démanteler huit sites avec des camps mobiles doubles.

« Je tiens absolument à sortir de ce territoire vierge toutes les matières qui ne sont pas décomposables, dit celui qui est également président du conseil d’administration de la Fédération des pourvoiries du Québec. »

« Nous brûlerons tout ce qui peut être réduit en cendres. Je me fais un point d’honneur à ne rien ensevelir et je suis inquiet à l’idée que certaines personnes sans scrupules puissent jeter à l’eau des produits métalliques. »

« Il faut que le travail soit fait proprement et de la bonne manière. Je m’engage à transporter en avion tout ce qui pourrait laisser des traces dans ce magnifique coin de pays et à en disposer de façon écologique. Je m’attends à ce que les autres personnes touchées par ce plan en fassent autant. »

« Dans le futur, si on peut chasser à nouveau le caribou, j’ai l’impression que seules des pourvoiries autochtones orchestreront cette activité ou bien ce sera avec des partenariats qui pourraient s’avérer intéressants pour les deux parties », conclut-il.

Alternative non viable

En mars dernier, le ministre de la Faune, Luc Blanchette, affirmait vouloir permettre la chasse au loup dans le Nord pour compenser la fermeture de la chasse au caribou.

Marc Plourde, le président-directeur géné­ral de la Fédération des pourvoiries du Québec, croit de toute façon que la chasse au loup est très marginale et n’aura jamais le volume de clients que le caribou pouvait générer. « Le transport, dans le Nord, ça nécessite un certain volume de passagers pour soutenir l’infrastructure. Ce n’est pas une activité qu’on cible à court terme », a-t-il expliqué.

Autrement, M. Plourde estime que les seules pourvoiries qui pourront s’en sortir sont celles qui se trouvent à proximité de cours d’eau ou de lacs, car elles pourront offrir des forfaits de pêche. L’industrie de la motoneige pourrait aussi être sollicitée. Sur 13 installations toujours en activité, près de la moitié fermeront leurs portes, croit-il.

Horde de / Années
1995 2001 2010 2016
La rivière George 776 000 385 000 74 600 8 900
La rivière aux Feuilles 400 000 628 000 430 000 199 000

Au cours des 23 dernières années, il y a une forte décroissance des deux hordes de caribous et plus principalement du côté du troupeau de la rivière George, où la situation est vraiment critique et alarmante comme les données ci-jointes l’indiquent.

De tout pour tous

Le Festival de la brimbale, édition du 350e, se déroulera les 17 et 18 février prochain au village de pêche blanche de Contrecœur, situé à 45 minutes de Montréal, au 6440, Marie-Victorin. Cet événement annuel organisé par l’association chasse et pêche de Contrecœur sera bonifié par une foule d’activités, dont une danse et des feux d’artifice. Pour en savoir plus, visitez le site acpcontrecoeur.com/peche-blanche-sur-la-glace/le-festival-de-la-brimbale.html. En cas d’intempéries, le festival sera annulé.


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