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En attente d'un nouveau cœur: «C’est comme si je vivais en prison»

Serge White se consacre au dessin, pour tuer le temps. Ses œuvres sont exposées à compter d’aujourd’hui au centre multifonctionnel de Saint-Raymond-de-Portneuf.
Photo Arnaud Koenig-Soutière Serge White se consacre au dessin, pour tuer le temps. Ses œuvres sont exposées à compter d’aujourd’hui au centre multifonctionnel de Saint-Raymond-de-Portneuf.

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Un homme de Saint-Raymond-de-Portneuf est pratiquement cloué chez lui depuis près de deux ans dans l’attente d’une greffe de cœur, une « loterie » dont il espère tirer le bon numéro.

La vie de Serge White a pris un virage brusque le 29 avril 2016. En route pour le boulot, il ressent un pincement au cœur qui le force à rebrousser chemin. Un passage à l’hôpital permet de dresser un constat troublant : il souffre d’insuffisance cardiaque. Il lui faut un nouveau cœur.

« Il y a des matins où je m’assois sur le divan, ma conjointe part travailler et je pleure une bonne partie de la matinée parce que je me demande si l’opération irait bien. J’aurais 10 % de chance de rester sur la table », confie l’homme de 55 ans, dont le cœur ne fonctionne qu’à 12 % de sa capacité.

Plusieurs médicaments

Lui qui fumait depuis l’âge de 13 ans a dû arrêter la cigarette du jour au lendemain et il doit ingurgiter pas moins de 23 médicaments différents par jour. Une facture annuelle qui s’élève à environ 16 000 $.

« Avant, j’avais de la misère à avaler une Tylénol ! » s’exclame Serge White, qui souffre aussi de diabète, d’hyperthyroïdie et d’apnée du sommeil.

Vie suspendue

Le quinquagénaire a dû se résoudre à abandonner la motoneige, le ski alpin et les voyages, entre autres, en plus de cesser de travailler. Aller au dépanneur du coin, qui est de biais avec son domicile, est un effort qui suffit à le pousser à bout de souffle.

« C’est comme si je vivais en prison, mais sans les barreaux », dit-il, lui qui a pris 53 livres en raison de sa condition.

Il ne peut qu’attendre. Attendre dans l’espoir qu’un cœur soit disponible pour une greffe. S’il n’a pas de chance d’ici deux ans, il devra se résoudre à se faire poser un cœur artificiel.

Serge White s’est tourné vers le dessin pour tuer le temps. Il présente aujourd’hui ses œuvres dans le cadre d’un vernissage, au centre multifonctionnel de Saint-Raymond-de-Portneuf, et elles y seront exposées jusqu’au 16 mars. Il est aussi possible de lui venir en aide par la Fondation cœur en cœur, en spécifiant que le montant lui est destiné.