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Ce n'est PAS une agression sexuelle !

Romantic couple in love hugging cartoon vector Illustration
Photo Fotolia

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Ho boy.

Mon fils a 9 ans et j'ai de plus en plus peur du monde de fous dans lequel je l'élève.

J'ai littéralement capoté en écoutant l'excellent reportage présenté à Désautels le dimanche, hier, sur les ondes de Rad-Can.

Ça s'intitule "#moiaussi, le consentement au coeur du débat". (Vous pouvez l'écouter ici).

 

On y apprend l'existence du programme "Empreinte" mis au point par deux femmes profs de sexologie à l'UQAM et des CALACS. Ce sont des ateliers en classe pour parler aux jeunes de "consentement".

Vers 5 minutes 50, on entend une intervenante dans une classe qui présente à des élèves une situation X et leur demande de la définir.

Elle leur soumet le cas d'un couple de deux jeunes, elle 15 lui 17 ans. Ils sont ensemble depuis 2 mois. Le gars veut  coucher avec la fille mais elle ne sent pas encore prête. Il lui dit dit qu'il aurait le goût, qu'en plus elle l'a déjà fait avec son chum précédent. "Se sentant coupable, elle finit pas cèder à la demande de son copain".

BAM ! C'est une agression sexuelle, dit l'intervenante à la voix de crécelle. C'est sans appel.

Et c'est comme ça, chers amis, qu'on lave le cerveau de nos jeunes, un à la fois.Comme me l'a écrit un lecteur : "Une véritable propagande afin de manipuler la réflexion des jeunes sur le sujet du consentement. Une femme est une victime et les hommes sont des agresseurs."

On dit aux jeunes que les filles sont des petits êtres fragiles incapables d'exprimer clairement leurs préférences. Et on leur dit que les gars, même s'ils sont simplement  maladroits ou empressés, sont des agresseurs.

Autant il ne faut pas banaliser les horribles viols autant il ne faut pas démoniser des comportements qui n'ont rien de criminel.

On n'en est même plus à "Sans oui, c'est non". On en est rendu à "Si tu dis oui, mais que tu penses "peut-être", ou que tu dis oui pour faire plaisir, ou que tu es couçi couça, tu as le droit de porter plainte contre ton vilain agresseur parce que tu viens de te faire violer." C'est long à faire rentrer sur un t-shirt, sur un hashtag ou sur une affiche, comme slogan.

Heureusement que les deux intervenants interrogés par Janic Tremblay ont les deux pieds sur terre : une prof de droit et un sexologue. Ce dernier rappelle que dans toute relation de séduction, il y a une saine agressivité. C'est-à-dire qu'à un moment donné, tu t'essayes, tu vas de l'avant, tu te lances. Et il ne faut pas aseptiser à ce point les relations de séduction que plus personne ne va vouloir "se lancer".

Je suis allée voir sur le site des CALACS. Voici ce qu'on dit des ateliers "Empreinte".

"Après une phase d’expérimentation dans six écoles de différentes régions, le programme est maintenant prêt à être déployé à l’ensemble du Québec pour l’année scolaire 2017-2018. Ainsi, 26 Centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS) offriront ce programme dans une ou plusieurs écoles de leur territoire, en fonction de leurs ressources et de leur disponibilité."

Et c'est ce type d'info qu'on va donner à tous ces élèves ? Que quand Jeannot veut entrer dans Jeannette et que Jeannot insiste un peu en lui mettant de la pression, Jeannette est victime d'une agression sexuelle ?

Bordel ! Je n'ai pas hâte que mon fils soit confronté à ça.