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La radio est encore bien en vie

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Elle est encore bien en vie.

Partons du principe que l’on vient de passer la journée mondiale du Nutella le 5 février, que l’on se prépare activement à la journée mondiale du Pi (oui, le célèbre 3,1416) le 14 mars et qu’on trépigne déjà rien qu’à penser à la journée mondiale du coloriage, le 6 mai.

Alors pourquoi pas une journée mondiale de la radio?

Chez nous, la radio sert à divertir et informer, dans cet ordre.

Elle est un grand perron d’église. (Note à moi-même : faudra trouver un autre référent. Y’a de moins en moins de monde qui sait ce que sont un perron et une église.)

Lorsque l’on arrive dans une région, on peut rapidement prendre le pouls de la population en écoutant ce dont il est question à la radio locale.

Cela implique par contre que la radio fasse bien son travail et que les animateurs passent plus de temps sur le terrain et dans le public qu'en ligne pour se trouver des sujets d’interventions.

Pourtant, le travail semble plutôt simple : Parler.

Mais de quoi l'auditoire a-t-il envie d’entendre parler ici et maintenant ?

C’est là que ça se complique.

Il veut avant tout entendre parler de ce qui le concerne personnellement.

Lui et sa famille, son quartier, sa ville et sa région. Les autres considérations passent après.

La survie ou la croissance de la radio tient à un élément fondamental : comprendre et évoluer avec les goûts et les intérêts des auditeurs.

Dire que la radio est décomptée en raison de la multiplication des plates-formes est comme dire que vous n’aurez plus d’amis parce que Facebook existe.

Si votre cercle d’amis s’est désintégré parce qu’ils trouvent que vous êtes moins intéressant que les réseaux sociaux, c’est peut-être que vous êtes beaucoup plus ennuyeux que vous ne le pensez.

Il en va de même à la radio.

Les animateurs de radio parlée qui réussissent bien sont avant tout ceux qui développent un sixième sens pour deviner ce dont leurs auditeurs ont envie d’entendre parler là, maintenant.

Les meilleurs évitent le piège de passer d’animateur à « preacher ».

À la radio musicale, on dit que «ce qui fait la bonne radio est ce qui se produit entre les chansons».

Avec les millions de titres disponibles en ligne, cela n’a jamais été plus vrai que maintenant puisqu’en 2018, la plupart des citoyens ont plus de chansons dans leur iPod que les radios n’en ont dans leurs discothèques.

La seule chance de survie de l’animateur (ou l’animatrice) est d’être ce compagnon ou cette compagne avec qui les auditeurs ont envie de passer la journée.

En cette semaine olympique, les chroniqueurs sportifs ne surprennent personne avec les résultats ; les auditeurs les ont vus sur leur téléphone, le matin, avant même d’ouvrir la radio.

Ceux qui se démarquent savent faire une bonne histoire avec les résultats.

Votre téléphone ne vous racontera pas l’histoire derrière le triomphe ou l’échec.

En cette journée mondiale de la radio, on peut peut-être juste se rappeler que pour être forte et en santé, la radio doit simplement faire comme n’importe quelle entreprise commerciale qui veut grandir : Être bonne.

Oh, et ne pas oublier que plus de 1,5 million de Québécois et Québécoises sont âgés de 15 à 30 ans.

Ça fait beaucoup de nouvelles oreilles à charmer.