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Changer l’UPAC

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Je suis de ceux qui ont pris la défense de l’UPAC à de nombreuses reprises au cours des dernières années. Son existence est nécessaire et le bilan est loin d’être mauvais.

Mais à un moment donné, il y a bien des limites. Jour après jour, semaine après semaine, les histoires se multiplient, avec un degré d’invraisemblance toujours plus inquiétant. Fascinant. Troublant.

Gouvernement

Au lendemain de l’arrestation d’une ancienne vice-première ministre, il apparaissait clair que les libéraux n’avaient d’autre choix que de reconduire le boss de l’UPAC dans ses fonctions. Le dégommer aurait envoyé le message que les rouges n’acceptaient pas de se faire souffler dans le cou par la police. C’était l’évidence même.

Mais deux ans plus tard, la situation est tout à fait différente. En s’entêtant à garder Lafrenière en poste, les libéraux alimentent les suspicions tant en coulisse que sur la place publique. Les plus prudents chuchotent et les plus têtes-en-l’air hurlent que les libéraux sont contraints de maintenir le mal-aimé en poste de peur qu’il déballe son sac.

C’est peut-être court comme argument, mais devant l’inaction du gouvernement, cette théorie ne s’essouffle pas. Elle prend du pic.

Exit Lafrenière

Malgré tout, le ministre de la Sécurité publique ne bronche pas. Par le passé, Martin Coiteux n’a pourtant pas hésité à faire le ménage au SPVM. Alors, quelle est la différence ici ? Si, par exemple, le gouvernement remplaçait le patron de l’UPAC par Madeleine Giauque, qui est à la tête du Bureau des enquêtes indépendantes (BEI) et qui a une feuille de route impressionnante, il bénéficierait d’une immense bouffée d’air frais. L’effet serait même décuplé s’il procédait à cette nomination au 2/3 des élus de l’Assemblée nationale. Pour la confiance de la population envers la police, tout comme pour ses propres chances de réélection, le gouvernement devrait agir rapidement.