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L’austérité a créé de la «maltraitance organisationnelle», selon la CSQ

L’austérité a créé de la «maltraitance organisationnelle», selon la CSQ
Photo Agence QMI

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La Centrale des syndicats du Québec estime que l’austérité du gouvernement Couillard a créé de «la maltraitance organisationnelle dans les établissements de santé du Québec» et réclame une enquête de la protectrice du citoyen.

«C’est un recours exceptionnel et, si on s’engage dans ce recours, c’est particulièrement en raison de la détérioration dans l’ensemble de nos établissements de santé et services sociaux», a commenté mardi la présidente de la CSQ, Louise Chabot, au cours d’un point de presse commun avec Fédération de la santé du Québec (FSQ-CSQ) et l’Association des retraitées et retraités de l’éducation et des autres services publics du Québec (AREQ-CSQ).

Pour ces trois groupes, l’austérité du gouvernement Couillard et la réforme Barrette du réseau de la santé sont responsables de cette détérioration qui mine particulièrement les services aux aînés. «On est convaincus que le problème est systémique», affirme Louise Chabot.

La présidente de la CSQ souligne que «la maltraitance organisationnelle, c’est lorsque les politiques ou les procédures d’un établissement créent des situations qui peuvent causer un tort ou une détresse aux bénéficiaires».

Louise Chabot affirme que le nombre d’incidents et d’accidents a augmenté de 4,7 % depuis deux ans. «Ce sont des traitements qui ne sont pas donnés à l’heure, des erreurs de médicaments, énumère-t-elle. Ce n’est quand même pas rien.»

Ratios

La sortie de mardi survient dans la foulée de la dénonciation des conditions de travail des infirmières depuis deux semaines. La Fédération de la santé du Québec représente 5 000 infirmières de la province.

Tout comme la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec, la FSQ voit d’un bon œil la création de ratios professionnels/patients pour éviter des surcharges de travail. Ce calcul tient compte de l’ensemble de l’équipe soignante, soit les infirmières, infirmières auxiliaires et préposés aux bénéficiaires.

«L’enjeu va être déterminant et va nous aider à assurer une qualité de soins si on a les budgets qui viennent avec (sic), parce qu’on a besoin de revoir l’équipe de soins, de revoir l’organisation pour s’assurer qu’on a suffisamment de monde pour répondre à cette demande dans tous les départements», explique la présidente de la FSQ-CSQ, Claire Montour.

Son organisation réclame aussi la «stabilité des postes». «Avoir des postes stables, une équipe stable, va nous permettre de donner une qualité de soins et, par conséquent, va être gagnant pour les patients», affirme Claire Montour.

Médecins vs réseau

Interpellé à l’entrée du caucus libéral, le ministre de la Santé a rejeté l’argumentaire de la CSQ du revers de la main. «C’est une position syndicale classique, a commenté Gaétan Barrette. C’est une rhétorique sur laquelle je ne ferai pas de commentaires.»

Le chef du PQ, lui, a fait un parallèle entre l’état du réseau de la santé et l’entente conclue entre le gouvernement et la Fédération des médecins spécialistes du Québec. «Il n’y a pas un Québécois, aujourd’hui, qui va vous dire: c’est une bonne idée si on a un demi-milliard $ en santé de le donner aux médecins spécialistes, qui gagnent déjà 440 000 $ par année», dit Jean-François Lisée.

«En 2016, ce même gouvernement a coupé un demi-million d’heures en soutien à domicile, ça, c’est un choix qu’ils ont fait, affirme la critique péquiste en matière de santé, Diane Lamarre. Alors, s’ils ont 500 millions $, ils devraient être capables d’en redonner massivement et rapidement pour les gens qui sont les plus vulnérables et qui attendent ces services-là.»

Pour son homologue à la CAQ, la situation est notamment due au «travail énorme» que doivent accomplir les employés du réseau de la santé. «Il faut aussi se pencher là-dessus parce que la façon de faire peut amener des éléments qui s'apparentent à de la maltraitance systémique, mais, à la base, il y a une problématique de ressources, de lourdeur de travail, de disponibilité, de temps, préposés, patients», dit François Paradis.