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Société Big Brother ?

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Les résidents des CHSLD pourront désormais­­­ filmer ce qui se passe dans leur chambre.

Le ministre de la Santé Gaétan Barrette, entre autres, annoncera aujourd’hui les détails d’un « règlement concernant les modalités d’utilisation de mécanismes de surveillance ».

Difficile de s’opposer à ces mesures quand on pense que c’est grâce à des caméras que plusieurs cas de maltraitance ont pu être dénoncés.

Plusieurs personnes âgées sont souvent incapables physiquement de dénoncer les abus ; incapables de les raconter, voire de s’en souvenir.

La caméra permet à la famille de surveiller à distance, de revoir comment les soins ont été prodigués.

Équilibrisme

Tout le défi du règlement qui sera présenté aujourd’hui tient toutefois dans un mot : équilibre.

Équilibre entre vie privée et besoin des proches de veiller à la sécurité des membres de leur famille. Équilibre entre surveillance légitime des employés et réputation des préposés.

Les syndicats, réticents au départ, ont fait valoir plusieurs craintes. Une image vaut mille mots, dit-on, mais interpréter correctement 1000 images (comme en produisent les caméras contemporaines) n’est pas toujours une mince affaire.

Sans céder à un argument de type « pente fatale », on peut se demander tout de même où pourrait nous mener ce type de mesure, si elle se généralisait­­­.

Toujours filmer ?

Car sous couvert d’« éviter des abus », on pourrait bien un jour conclure qu’il faut constamment filmer. Toujours, toute la vie durant. Et en cas de différend, demander l’arbitrage­­­ vidéo, comme dans nombre de sports !

Que deviendrait la vie privée dans cet univers « panoptique » ? Tout serait susceptible de se retrouver un jour sur les réseaux.

Je vous entends dire qu’on y est déjà. Partout dans les villes, les caméras de surveillance nous épient et rendent d’indéniables services aux forces de l’ordre.

Avec la généralisation des téléphones cellulaires, il y a des bouts de films sur tout et n’importe quoi.

On y est presque en effet. Mais ce n’est pas 1984 de George Orwell, où un Big Brother surveillait ses ouailles et leur imposait son image obsédante dans le « télécran ». Nous sommes plutôt tous en passe d’être des little brothers les uns pour les autres, comme des auteurs le font remarquer depuis au moins 20 ans.

La vie privée, le problème ?

Pour certains, cette fin annoncée de la vie privée n’est pas un drame. Au contraire, sans elle, la société ne s’en porterait que mieux.

C’est le cas de cet auteur canadien-anglais de science-fiction, Robert J. Sawyer, dont j’avais lu avec stupéfaction il y a une quinzaine d’années un texte qui allait en ce sens :

« Des actes comme le vol à l’étalage de votre fils ou la destruction des tours du World Trade Center auraient pu être évités si nous avions moins la possibilité d’agir en secret », écrivait-il.

Sawyer imaginait même une société où chacun devrait se faire implanter une puce. Ainsi, nous serions tous repérables par satellite !

Oh, mais j’y pense, c’est pratiquement déjà le cas avec nos téléphones « polyvalents » !

Je vous laisse, je dois répondre à Google, qui vient de me demander si j’acceptais de partager avec lui mes données de localisation.