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Plus de pouvoirs pour les super-infirmières

Le gouvernement permet aux infirmières d'amorcer des traitements pour certaines maladies chroniques et de prescrire de nouveaux médicaments.
Photo Pierre-Paul Biron Le gouvernement permet aux infirmières d'amorcer des traitements pour certaines maladies chroniques et de prescrire de nouveaux médicaments.

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Le gouvernement donnera plus de pouvoirs aux infirmières praticiennes du réseau de la santé en leur permettant de nouveaux actes médicaux. L’ombre des médecins pourrait toutefois planer encore au-dessus de l’épaule des infirmières, ce que déplore leur association.

L’annonce de mercredi prévoit l’élargissement dès le 8 mars prochain de la pratique des infirmières praticiennes spécialisées. Elles pourront notamment commencer des traitements pour six maladies chroniques dont le diabète, et elles ne seront plus limitées dans le choix de médicaments à prescrire ni dans les types d'examens à offrir aux patients.

Avec cette mesure, le gouvernement prévoit atteindre plus facilement son objectif de miser sur 2000 infirmières praticiennes spécialisées dans le réseau d’ici 2024. Leur nombre est d’actuellement de 475.

En misant sur les «super-infirmières», Québec espère pouvoir augmenter le nombre de patients vu par les médecins de la province et ainsi dynamiser le système. Le ministre estime ainsi pouvoir doubler le nombre de patients suivis par des médecins.

«On parle d’une capacité qui va aller à un ratio de 3000 par médecins parce que les infirmières praticiennes spécialisées vont pouvoir suivre des patients. C’est un pas qui amène un changement dans l’organisation», explique le ministre de la Santé Gaétan Barrette.

Malentendu sur l’indépendance

L’Association des infirmières praticiennes spécialisées du Québec (AIPSQ) et le ministre de ne semblaient toutefois pas s’être entendus sur l’indépendance des infirmières dans ces nouveaux règlements. Alors que le ministre Barrette martelait en point de presse qu’aucun médecin n’aurait à approuver le diagnostic posé par l’infirmière, l’association déplorait dans un communiqué la «rencontre obligatoire avec un médecin dans les semaines suivant l’amorce du traitement».

Gaétan Barrette a finalement admis qu’une rencontre obligatoire avec un médecin à la suite de celle avec l’infirmière était actuellement prévue, mais que cet aspect pourrait être modifié.

«Ce n’est pas de la supervision, c’est un partenariat. [...] Il y a des lignes directrices qui doivent toujours être terminées et mises en application. Ces lignes directrices ne sont pas encore complétées et ces éléments-là en feront partie», a lancé le ministre pour tenter d’expliquer cette divergence entre les positions.

La présidente de L’AIPSQ s’est dite heureuse d’apprendre ce possible changement de cap du gouvernement et a souhaité attendre le dépôt complet des règlements avant de se positionner. «J’ai entendu des belles choses ce matin. Les lignes directrices ne sont pas complétées donc on va attendre et on reviendra à ce moment-là», a indiqué Christine Laliberté.

Le collège appuie

Le Collège des Médecins s’est également réjoui de cette nouvelle façon de faire qui donnera plus de latitude aux infirmières praticiennes spécialisées (IPS). Présent lors de l’annonce, le président de l’organisme a tenu à rappeler que même si certains médecins pouvaient toujours être réticents à cette méthode, le collège lui l’appuyait fortement.

«On ne peut plus se passer des IPS», a lancé d’entrée de jeu Charles Bernard, qui souhaite voir d’autres réglements du genre se mettre en place. «On a d’autres règlements qui dorment encore et qui pourraient être adoptés. [...] Mais il faut vivre avec la lourdeur bureaucratique. Il faut faire avec. Il y en a d’autres comme ça qui sont en attente», a assuré le président.

Infirmières practiciennes spécialisées, ce que prévoient les nouveaux règlements :

  • Le début des traitements de diabète, hypertension, hypercholestérolémie, asthme, maladies obstructives chroniques et hypothyroïdie
  • La confirmation que les infirmières ne seront plus limitées dans le choix de médicaments à prescrire, le choix des analyses de laboratoires et d’examens prescrits aux patients
  • Ajout de classes de spécialités «adulte», «pédiatrique» et «santé mentale» pour appuyer celles de «première ligne» et de «néonatalogie»
  • Création d’un partenariat entre les infirmières et les médecins pour assurer un contrôle de la qualité des soins