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Toujours plus pour les médecins

Un demi-milliard versé aux médecins spécialistes. Une entente secrète. Ça ne passe plus.
Photo le Journal de Québec, Pascal Huot Un demi-milliard versé aux médecins spécialistes. Une entente secrète. Ça ne passe plus.

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Que penser de la dernière entente entre le gouvernement et les médecins spécialistes ? Les détails n’ont pas été rendus publics. Mais selon les données disponibles, c’est un demi-milliard de plus qui leur sera versé.

Cela leur est dû. Lorsqu’un patient/contribuable attend son opération, lui aussi est convaincu que cela lui est dû...

Ce « petit ajustement » de fin d’année à 480 millions $, c’est beaucoup pour le gouvernement ? Par comparaison, le budget annuel total du ministère de l’Immigration s’élève à... 300 millions $.

Les hausses de rémunérations des médecins ont commencé dans un contexte où nos médecins vivaient un retard considérable sur la moyenne canadienne. Un manque à gagner de près de 50 %. Aujourd’hui, le rattrapage a été complété et les nouvelles hausses font écarquiller tous les yeux.

Des milliards

Les chiffres frappent toujours l’imagination dans le cas des médecins. On compte en milliards et en demi-milliard. Ces augmentations pèsent lourd sur le budget de la santé. Même dans les années de gestion très serrée des autres postes budgétaires, la rémunération des médecins grimpait en flèche.

Le secret entourant ces ententes commence aussi à soulever l’indignation. Interrogé sur l’entente de vendredi dernier avec les médecins spécialistes, le premier ministre s’est contenté d’une déclaration : elle est au bénéfice des patients. Je trouve ça bizarre qu’on nous cache une entente qui serait tellement à notre avantage. Le gouvernement est trop humble !

Et les pénalités ???

Au cœur de cette négociation, les médecins souhaitaient le retrait des pénalités qu’avait prévu imposer le ministre Gaétan Barrette. Ce dernier a d’ailleurs été tassé des négociations pour éviter l’affrontement.

On nous avait expliqué que ces pénalités faisaient partie de la réforme. D’une certaine façon, il s’agissait de notre garantie d’avoir des soins, à nous les patients. Si les médecins n’en faisaient pas assez, ne prenaient pas assez de patients, ils seraient pénalisés financièrement. Finalement, on laisse tomber et on verse l’argent.

C’était la stratégie de la carotte et du bâton pour forcer l’amélioration de l’offre de soins. Les carottes furent livrées à pleins sacs. Et le bâton... Ah ! C’était juste une blague. On l’a agité pour amuser la galerie.

Les enquêtes journalistiques des derniers mois qui ont mis la loupe sur des primes pour arriver à l’heure ou pour mettre la bonne jaquette ont laissé le public sceptique. Les montants versés aux médecins détonnent outrageusement avec l’atmosphère de ressources limitées qui semble dominer dans le réseau de la santé.

Le gouvernement libéral vit un malaise grandissant lorsqu’il est forcé de défendre la rémunération des médecins. Face aux infirmières et aux autres acteurs du grand secteur de la santé, la comparaison avec ce qui est consenti aux docteurs devient insoutenable.

Le Parti québécois a déjà annoncé son intention de taper sur le clou de la rémunération des médecins en campagne électorale. Au départ, j’étais dubitatif. S’attaquer aux bons docteurs en pleine élection pouvait constituer un pari risqué. Plus les choses évoluent, plus je trouve que le PQ va y voir une carte gagnante. L’exagération exacerbe la grogne.

L’entente avec les omnipraticiens s’en vient.