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Un réseau de narcotrafiquants mondial utilise des Québécois

Isabelle Lagacé, Mélina Roberge et André Tamine, arrêtés en Australie, auraient eu neuf complices allégués

Un réseau de narcotrafiquants mondial utilise des Québécois
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Les deux jeunes femmes et le sexagénaire québécois qui auraient importé 95 kg de cocaïne en Australie faisaient partie d’une vaste opération téléguidée de Montréal, impliquant au moins 12 personnes au Québec, au Maroc, au Mexique et au Pérou.

Mélina Roberge, Isabelle Lagacé et André Tamine sont en prison, à Sydney, mais ils n’auraient été que de simples mules dans ce complot allégué, minutieusement planifié par un gang égypto-syrien et la pègre juive de la métropole, en collaboration avec le tristement célèbre cartel mexicain de Sinaloa.

Selon nos informations, le souteneur qui aurait recruté les deux jeunes femmes pour l’importation de cocaïne a offert à Mélina Roberge la bague de plusieurs milliers de dollars qu’elle exhibe sur cette photo, publiée sur Facebook.
Photo tirée de Facebook
Selon nos informations, le souteneur qui aurait recruté les deux jeunes femmes pour l’importation de cocaïne a offert à Mélina Roberge la bague de plusieurs milliers de dollars qu’elle exhibe sur cette photo, publiée sur Facebook.

Notre Bureau d’enquête a obtenu l’identité des individus soupçonnés d’avoir monté l’opération, avortée lors de l’arrestation des trois Québécois en août 2016 à bord du bateau de croisière Sea Princess dans le port de Sydney.

Nous préservons leur anonymat, puisqu’ils ne font pas l’objet d’accusations. Une source policière australienne craint d’ailleurs qu’ils ne soient jamais inquiétés. « Il y a une chose qu’il faut prendre pour acquis : celui qui a envoyé la drogue ici ne sera probablement jamais arrêté, ni celui qui devait la recevoir », nous a dit cette source.

André Tamine, un sexagénaire sans histoire, a été arrêté dans le Sea Princess à Sydney, comme les deux jeunes femmes.
Photo courtoisie
André Tamine, un sexagénaire sans histoire, a été arrêté dans le Sea Princess à Sydney, comme les deux jeunes femmes.

Filière montréalaise

Ce soir à 19 h à TVA, l’émission J.E. vous présentera les détails du complot qu’allèguent les forces de l’ordre. Deux clans criminels très discrets de Montréal auraient travaillé main dans la main pour organiser l’opération, selon nos sources.

D’abord, un homme d’affaires de Griffintown âgé de 48 ans aurait séduit Roberge, 24 ans plus jeune que lui. En janvier 2016, il a commencé à lui parler d’un voyage en Australie qui pouvait mettre un terme à ses ennuis financiers et lui permettre de réaliser l’un de ses projets : se payer enfin cette chirurgie plastique dont elle rêvait.

Cet individu, proche de la pègre juive montréalaise, pourrait être un proxénète qui contrôlait Roberge, selon les autorités.

Roberge et Lagacé (sur la photo) ont publié de nombreuses images de leur croisière autour du monde.
Photo tirée de Facebook
Roberge et Lagacé (sur la photo) ont publié de nombreuses images de leur croisière autour du monde.

Joint par notre Bureau d’enquête, le suspect confirme connaître Roberge et Lagacé. Il a rencontré la police, mais il assure n’avoir rien à voir avec l’importation de cocaïne en Australie.

« Quand on a vu ça dans les nouvelles, on était en choc, dit l’homme d’affaires. J’ai même parlé avec le copain d’Isa et j’étais vraiment triste pour lui parce qu’il était vraiment en angoisse à cause de ça. »

Réunion au Maroc

La police s’intéresse aussi à un citoyen français de 31 ans. C’est lui qui aurait pris les mules en main, une fois recrutées.

Selon les registres corporatifs de l’Hexagone, cet homme d’affaires exploite une petite entreprise d’informatique. Sur son site web, la compagnie donne trois adresses, non seulement à Nice et à Montréal, mais aussi à Casablanca, au Maroc.

C’est d’ailleurs dans cette dernière ville que des narcotrafiquants auraient rencontré Roberge et Lagacé. Selon les autorités, les cerveaux du complot allégué ont arrêté plusieurs détails de l’opération au Maroc. Roberge serait revenue de ce voyage avec 8000 euros (12 450 $) dans ses valises.

Lagacé a plaidé coupable à des accusations d’importation d’une quantité commerciale de cocaïne. Roberge et Tamine, qui ont plaidé non coupable, subiront leur procès à partir du 26 février, à Sydney.

– Avec la collaboration d’Andrea Valeria


► Découvrez des détails inédits sur cette enquête policière à l’émission J.E., ce soir à 19 h sur les ondes de TVA.

 

Les 8 étapes de l’opération

 

Barons de la drogue

Avant de confier la drogue aux mules qu’aurait recrutées la pègre juive, un autre clan montréalais se serait chargé de dénicher la cocaïne auprès du cartel mexicain de Sinaloa, l’un des plus puissants au monde.

Ces narcotrafiquants proviennent des communautés syrienne et égyptienne de la métropole. Leurs dirigeants habitent Blainville et Laval et seraient en contact avec un Québécois installé à Guadalajara, au Mexique. C’est lui qui fait le lien avec les fournisseurs mexicains, dirigés par le tristement célèbre El Chapo, Joaquín Gúzman, jusqu’à son arrestation en janvier 2016.

Le patron de ce clan montréalais, âgé de 83 ans, est considéré par les forces de l’ordre comme l’un des principaux facilitateurs de l’opération australienne.

Le 18 mai 2016, l’un de ces hommes a rencontré Mélina Roberge au Café Souvenir, dans l’arrondissement d’Outremont. Deux jours après, elle atterrissait à Casablanca pour discuter avec des membres de l’organisation, selon nos sources.

Le même individu, âgé de 50 ans, communiquait à répétition avec André Tamine, le sexagénaire arrêté à bord du Sea Princess à Sydney, avec les deux Québécoises.

Rock Machine

Ce gang égypto-syrien travaillait avec l’ancien Rock Machine Joseph Fluet, tué par balles à Rigaud en décembre 2016. Lui aussi a eu des contacts avec Tamine.

Ce clan communiquait aussi avec deux autres Québécois de 47 et 37 ans qui se trouvaient également à bord du Sea Princess. Ils étaient probablement chargés d’entrer en contact avec le fournisseur péruvien et le client australien, mais la police ne les a pas appréhendés.

L’Australie pourrait cependant demander leur extradition, puisque leurs empreintes digitales se trouvaient sur les paquets de cocaïne.