/finance/reer
Navigation

Le portefeuille défensif (en cas de crise)

Coup d'oeil sur cet article

Rares sont les stratèges et gestionnaires de caisses de retraite qui n’ont pas anticipé la récente correction de la bourse. On ne savait juste pas quand exactement et comment elle se déclencherait. Mais on craint aussi autre chose : les débuts d’un marché baissier.

Pourquoi? Parce que la plus grande puissance financière mondiale est en fin de cycle de croissance. L’économie nord-américaine est dans sa phase expansionniste depuis plusieurs années et les évaluations des actions commencent à défier la loi de la gravité. Par exemple, à la fin janvier 2018 le ratio cours-bénéfice du S&P500 ajusté à l’inflation (CAPE) selon la méthode du prix Nobel Robert Shiller était de 34,6. La médiane historique étant de 16, nous venons de franchir le seuil d’exubérance observé à seulement deux reprises en deux siècles, soit en 1929 avant le « black Tuesday » et en 1999 avant l’éclatement de la bulle des technologies. L’indicateur CAPE est encore plus élevé qu’avant la crise de 2008.

Pas de récession à l’horizon

À première vue, rien ne semble très inquiétant pour l’investisseur moyen; le taux de chômage est faible, l’inflation est contenue, l’indice de confiance de directeurs d’achat est positif, les mises en chantier et transactions immobilières sont solides, les taux d’intérêt restent bas... Même si les indicateurs économiques avancés ne nous laissent pas entrevoir de signes de récession possible, une sévère correction boursière pourrait faire tourner le vent. En effet, dans l’histoire de la bourse, à maintes reprises les mouvements des marchés ont été précurseurs des réalités économiques à venir. Les krachs entraînent la prudence qui engendre une pause dans la consommation. Ensuite, cela se répercute sur les bénéfices des entreprises. Ces dernières doivent alors faire des mises à pied, puis le chômage grimpe rapidement. Et c’est ainsi que se manifeste ce que l’investisseur doit craindre le plus : un marché baissier. Depuis 50 ans, nous en avons vécu huit. Au Canada, le TSX a alors effacé entre 20 et 43% de sa valeur. Ce supplice a duré en moyenne 10 mois.

Pour contenir les baisses probables, voici notre portefeuille défensif.

Les investisseurs dynamiques sont peu enclins à détenir des obligations. Pourtant au-delà du rendement, ces dernières ont une grande utilité. Elles servent de bouclier en cas de baisse prolongée. Aussi, elles procurent la liquidité nécessaire afin de profiter des opportunités engendrées par les corrections. Notre portefeuille défensif contient 20% du fonds Manuvie à revenu stratégique, 25% du FNB Vanguard Obligations, 15% du PowerShares S&P500 Couvert contre les baisses, 20% du Cambridge Canadien de dividendes et 20% du Portefeuille Edgepoint mondial.

Nom Code RFG* Rendement 1 an Rendement 3 an Rendement 5 an
Manuvie à Revenu Stratégique FMMF659 1,07 % 3 % 3,1 % 5,3 %
Edgepoint portefeuille mondial F EDG500 0,99 % 21,4 % 16,5 % 21,4 %
Cambridge canadien de dividendes F CIG11012 1,32 % 8,3 % 9,5 % 12,2 %
Vanguard Canadian AGG Bond VAB O,13 % 2,3 % 1,03 % 2,7 %
PowerShares S&P500 Downside Hedged PHDG 0,39 % 20,4 % 10,6 % 29 %

 

*RFG= Ratio de frais de gestion de fonds de série F ou fonds négociés en bourse. Les ratios affichés ne comprennent pas les frais de courtage et/ou honoraires-conseils.