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Une femme brûlée vive

Une femme brûlée vive
Photo Stéphanie Jasmin

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Après avoir fait l’objet d’une cure de jeunesse, en raison d’importants travaux de rénovation et d’embellissement, voilà que le Théâtre Espace Go ouvre à nouveau ses portes. C’est la création Les Marguerite(s), en l’honneur de l’auteure Marguerite Porete, qui lance la saison. La pièce inspirée d’une histoire vraie, où une femme connaîtra la peine capitale, met en vedette Céline Bonnier, Évelyne Rompré et Sophie Desmarais.

L’Espace GO a choisi de mettre de l’avant l’histoire peu banale de la femme de lettres Marguerite Porete. C’est en raison de son livre, Le Miroir des âmes simples et anéanties, une œuvre parue à la fin du 13e siècle, que Marguerite Porete fait face à diverses accusations et risque la peine de mort.

Son ouvrage relativise les sacrements de l’Église et rejette, en quelque sorte, la morale de l’époque.

C’est en 1310 que se tiendra son procès et qu’elle sera jugée devant des hommes de Dieu, dont 21 maîtres en théologie, qui représentent le pouvoir. Résultat : Marguerite Porete sera condamnée à mort pour ses écrits et sera conduite au bûcher et brûlée vive le 31 mai 1310, à Paris. Son livre a également été brûlé par les hommes d’Église.

Plusieurs Marguerite

Pour exposer cette histoire, l’auteure Stéphanie Jasmin et co-metteuse en scène (avec Denis Marleau) a fait appel à trois grandes comédiennes : Sophie Desmarais, Céline Bonnier et Évelyne Rompré. Bonnier et Rompré joueront le même rôle en alternance.

Pour Sophie Desmarais, il s’agit là d’un beau défi. « J’ai un monologue de près de 25 minutes à faire », confie la comédienne qui a été approchée par Denis Marleau, il y a déjà quatre ans. « Je n’ai jamais fait cela auparavant », ajoute-t-elle.

La dame de lettres que l’on a qualifiée tantôt de mystique, tantôt de martyre, de poète, d’activiste religieuse ou encore d’esprit libre, sera représentée sur les planches de diverses façons. « Ce sont différentes femmes qui témoigneront de la vie de Marguerite », souligne Sophie Desmarais.

Outre Marguerite Porete, d’autres grandes dames portant le nom de Marguerite seront aussi évoquées à travers cette création en offrant divers témoignages. « En tout, on aura cinq Marguerite qui évoqueront ce que ce livre a fait résonner en elles, explique la comédienne. On verra comment le legs s’installe entre les Marguerite. »

Parmi ces Marguerite, on retrouvera Marguerite de Constantinople, Marguerite de Navarre, Margaret d’York, Marguerite d’Oingt et Marguerite Duras.

De la danse

Aux divers monologues, s’ajoutera une performance de la chorégraphe et danseuse Louise Lecavalier. « C’est elle qui personnifiera, d’une certaine façon, Marguerite Porete à travers la danse », révèle Sophie Desmarais.

« La pièce sera jouée en trois parties distinctes, dont une sera consacrée à la performance de Louise Lecavalier, explique­­­ la comédienne. Dans une autre partie, on aura les monologues de Céline Bonnier ou d’Évelyne Rompré. »

Ensuite surviendra le personnage de Sophie Desmarais qui incarne une jeune fille contemporaine qui tombera sur le fameux livre au destin tragique. C’est dans ce cadre qu’elle aura à prononcer son long monologue. Le tout sera campé dans un atelier d’artiste.

Les Marguerite(s)

  • Auteure : Stéphanie Jasmin
  • Mise en scène : Denis Marleau et Stéphanie Jasmin
  • Distribution : Sophie Desmarais, Louise Lecavalier et Céline Bonnier ou Évelyne Rompré (en alternance)
  • Au Théâtre Espace GO
  • Du 20 février au 17 mars