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Plus de 8 milliards d'impressions par jour

L’entreprise québécoise District M fait sa marque dans la publicité numérique

Patrice Marin District M
Photo courtoisie Patrice Marin a cofondé District M avec des amis en 2013 à Montréal. Le chiffre d’affaires de l’entreprise avoisine maintenant les 100 M$.

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Spécialisée dans la vente de publicité numérique ciblée, District M gère chaque jour un inventaire de plus de 8 milliards d'impressions.

«Et ça ne fait que commencer», lance au Journal l’un des cofondateurs de District M, Patrice Marin.

Il faut dire que la croissance de District M a été fulgurante au cours des dernières années avec une explosion des revenus de plus de 16 000 %.

Si tout se déroule comme prévu, l’entreprise créée il y a à peine 5 ans prévoit réaliser un chiffre d’affaires de 100 millions de dollars cette année.

Chaque jour, l’entreprise québécoise dit gérer un inventaire de publicités numériques qui atteint maintenant les 8 milliards d’impressions.

«On est le lien entre les annonceurs et les éditeurs. Nos plateformes permettent à nos clients de mieux cibler leur auditoire», explique M. Marin.

Avec des bureaux à Montréal, Toronto, New York et San Diego et ses 75 employés, District M dit lorgner du côté de l’Europe et de l’Australie pour prendre de l’expansion au cours des prochaines années.

District M négocie avec plus de 10 000 éditeurs et pourvoyeurs de contenus au Canada et aux États-Unis, tout en livrant plus de 2000 campagnes publicitaires chaque année.

Parmi ses clients, District M compte de gros éditeurs comme Condé Nast, Times, Hearst et eBay. Au Canada, les plateformes de Québecor, La Presse et Radio-Canada font aussi partie de ses relations d’affaires.

Une question de rapidité

Le modèle d’affaires mis de l’avant par District M soulève autant l’intérêt des annonceurs que des éditeurs aux prises avec des inventaires de publicités numériques à vendre au plus offrant.

Les systèmes automatisés de la publicité programmatique permettent ainsi à un annonceur de cibler directement des clients potentiels lorsqu’ils s’activent sur le web.

Un internaute qui visite par exemple le site de Toyota sur le web laisse des traces. Ces traces valent beaucoup d’argent puisque son comportement laisse à penser qu’il veut acheter prochainement une voiture.

Le même internaute revient plus tard sur le web et s’intéresse à un article sur un site de nouvelles. S’enclenche alors un processus d’enchères sans qu’il se doute que ses clics valent une fortune.

En moins d’une demi-seconde, son profil d’acheteur est alors soumis à une enchère électronique. Le constructeur automobile dont le montant offert est le plus élevé pour «acheter» l’espace publicitaire disponible remportera la mise.

Lorsque la page demandée par l’internaute s’affiche, il peut apercevoir l’article demandé ainsi que la publicité du constructeur automobile qui a remporté la mise.

Selon M. Marin, tout ce processus s’est déroulé en moins de 0,4 seconde.

LA COMPAGNIE

  • ​Année de fondation : 2013
  • Cofondateurs : Jean-François Côté, Patrice Marin, Dominic Fortin, Sébastien Fillion et Benoit Skinazi 
  • Siège social : Montréal
  • Bureaux : Montréal, Toronto, New York et San Diego
  • Nombre d’employés : 75

La publicité numérique gagne du terrain

Plus de la moitié de l’argent investi dans la publicité au Canada se fait maintenant sur support numérique.

Des données publiées récemment par le GroupM indiquent que les achats dans le secteur de la publicité numérique devraient progresser de 13 % cette année.

Les annonceurs prévoient que leurs dépenses publicitaires totales s’élèveront à 11,3 G$ cette année d’un océan à l’autre. Tout près de 6 G$ seront ainsi investis sur support numérique.

Commerce au détail

Les détaillants présents dans le commerce au détail demeureront très actifs avec des dépenses de plus d’un milliard de dollars en publicités de toutes sortes en 2018.

Parmi les plus gros annonceurs, le géant Procter and Gamble devrait continuer d’occuper le haut du podium.

En 2016, Procter and Gamble a dépensé plus de 140 M$ en publicités au Canada comparativement à 103 M$ pour Bell et 85 M$ pour le constructeur automobile Chrysler.

Google et Facebook dominent

Partout sur la planète, il semble toutefois que la très grande majorité de la publicité numérique passe entre les mains de deux seuls joueurs, soit Google et Facebook.

À l’exception du marché chinois, GroupM estime que Google et Facebook ont été responsables de 84 % des investissements numériques l’an dernier.

Sur la scène mondiale, les investissements en publicité devraient atteindre 738 G$.

Chemin faisant, les investissements mondiaux en publicité numérique devraient augmenter de 11,3 % en 2018, alors que leur part de marché devrait atteindre 36,4 %.