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Troisième lien: Labeaume appréhende un «désastre financier»

«Si l'urgence politique l'emporte sur le gros bon sens, tous les éléments sont réunis pour un désastre financier potentiel», a lancé Régis Labeaume, lundi, dans une longue envolée en ouverture du conseil municipal.
Photo JEAN-FRANCOIS DESGAGNÉS «Si l'urgence politique l'emporte sur le gros bon sens, tous les éléments sont réunis pour un désastre financier potentiel», a lancé Régis Labeaume, lundi, dans une longue envolée en ouverture du conseil municipal.

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Les politiciens pressés de construire un troisième lien contribueront à créer d'énormes dépassements de coûts, martèle le maire de Québec, qui agite de nouveau la menace du 10 milliards $.

«Si l'urgence politique l'emporte sur le gros bon sens, tous les éléments sont réunis pour un désastre financier potentiel», a lancé Régis Labeaume, lundi, dans une longue envolée en ouverture du conseil municipal.

«Si l'urgence politique l'emporte sur le gros bon sens, tous les éléments sont réunis pour un désastre financier potentiel», a lancé Régis Labeaume, lundi, dans une longue envolée en ouverture du conseil municipal.
Photo Jean-François Desgagnés

Plus d'une semaine après avoir affirmé que le troisième lien pourrait coûter 10 milliards $, le maire est finalement revenu sur sa déclaration. Il a maintenu ce chiffre, disant se baser sur des études menées par un expert, Bent Flyvbjerg, qui a analysé une foule de projets qui ont mené à des dépassements de coûts.

Les recherches de ce spécialiste ont démontré que 9 projets sur 10 sont sous-estimés en terme de coûts, a cité le maire. Et l'une des causes des dépassements est la pression organisationnelle et politique. «La compétition entre les partis politiques est une condition idéale pour les dépassements de coût», a-t-il soutenu, sans pointer de parti politique en particulier.

En étant optimistes, la construction va selon lui commencer en 2024. Car les études préalables ne peuvent être escamotées, a-t-il plaidé, surtout que l'infrastructure sera située en territoire fédéral. Il est selon lui impensable qu'Ottawa permette de passer outre ou de bâcler les études environnementales.

«Faisons les choses dans les règles de l'art. Il faut être correct et se baser sur les sciences de l'art si on veut des succès», a affirmé M. Labeaume, qui réitère qu'il est pour le troisième lien.

L'opposition de Québec 21, qui fait la promotion du projet, a dénoncé l'intervention du maire. «Comment peut-il affirmer qu'il est pour le troisième lien et dire que ça va coûter 10 milliards $?» s'est étonné le chef de l'opposition, Jean-François Gosselin.

«Si l'urgence politique l'emporte sur le gros bon sens, tous les éléments sont réunis pour un désastre financier potentiel», a lancé Régis Labeaume, lundi, dans une longue envolée en ouverture du conseil municipal.
Photo Jean-François Desgagnés

«Affirmer qu’un troisième lien pourrait coûter jusqu’à 10 milliards $ sans citer de sources crédibles est totalement irresponsable de la part du premier magistrat de la Ville de Québec. Ce dernier affirmait il y a quelques semaines seulement qu’un troisième lien interrives régional était nécessaire à moyen et long terme. Le maire était-il sincère ? Car avec ses récentes déclarations, il démontre hors de tout doute qu’il n’est pas en faveur.»

Le ministre Jean-Yves Duclos a répété lundi matin que le projet de système de transport structurant avait la priorité sur celui du troisième lien pour son gouvernement. «Le gouvernement canadien a déjà signifié les engagements qu'il pouvait prendre à court terme. Pour la région de Québec, il y a des beaux projets qui vont de l'avant. (...) Comme M. (Justin) Trudeau l'a manifesté il y a quelques semaines quand il est venu à Québec, on attend avec impatience et intérêt les perspectives de développement d'un réseau de transport structurant pour la région de Québec.»

En ce qui concerne le troisième lien, «le gouvernement canadien sera toujours ouvert à entendre et appuyer éventuellement, mais ça prend des projets concrets. On sait que ça demande la mobilisation du gouvernement du Québec en premier, parce que ça passe par lui. En on verra par la suite ce qui sera soumis.»

Ce qu’ils ont dit

« La précipitation politique, c’est sûrement la pire des conseillères dans un projet de même. C’est pourquoi il est primordial de respecter à la lettre toutes les étapes techniques et scientifiques. »
-Régis Labeaume, maire de Québec
 
« Comment peut-il affirmer qu’il est pour un projet de troisième lien, mais en disant que ça va coûter 10 milliards ? Le maire de Québec s’époumone à lancer des données non appuyées et à discréditer le bien-fondé d’un projet de troisième lien. »
-Jean-François Gosselin, chef de l’opposition
 
« C’est des décisions qui vont être prises par les gouvernements supérieurs. Ce n’est pas ici, au conseil municipal, qu’on va décider de la construction d’un troisième lien, s’il y en a un. »
-Yvon Bussières, conseiller indépendant