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L’accusé aurait filmé ses agressions sur des patientes

L’employé d’un hôpital possédait aussi de la pornographie juvénile

Agression sexuelle
PHOTO fournie par la Sûreté du Québec André Tougas

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Trahi par une clé USB oubliée dans un manteau Ski-doo, un préposé de l’Hôpital du Haut-Richelieu qui se serait filmé et pris en photo tandis qu’il agressait sexuellement des patientes vulnérables a été arrêté mardi par la Sûreté du Québec.

André Tougas, qui aurait sévi depuis au moins cinq ans, a comparu au tribunal mardi sous près d’une dizaine de chefs d’accusation. Outre les inculpations pour agressions sexuelles, il est accusé de voyeurisme et d’avoir eu en sa possession de la pornographie juvénile. Il sera de retour en cour mercredi.

Ce sont des photos mettant en scène des enfants engagés dans des activités sexuelles qui ont contribué à la perte de l’homme, qui aura 54 ans dans quelques jours.

En effet, à l’automne dernier, Tougas aurait vendu un casque, des bottes et un manteau Ski-doo sur un site internet. Quelques semaines plus tard, l’acheteur a trouvé une clé USB dans le vêtement. Curieux, il y a jeté un coup d’œil, puis a vite fermé le tout et prévenu les policiers dès qu’il s’est rendu compte qu’elle contenait de la pornographie juvénile.

André Tougas, que l’on voit sur la photo derrière une motoneige, a oublié de retirer du manteau Ski-doo qu’il a vendu une clé USB qui contenait du matériel pornographique.
Photo tirée de Facebook
André Tougas, que l’on voit sur la photo derrière une motoneige, a oublié de retirer du manteau Ski-doo qu’il a vendu une clé USB qui contenait du matériel pornographique.

 

Milieu hospitalier

Quand les enquêteurs ont ensuite fouillé le contenu de la clé USB, ils y ont trouvé plusieurs photos et vidéos montrant des femmes dénudées visiblement en milieu hospitalier. Certains documents montreraient carrément Tougas en train de les agresser de façon pour le moins sordide.

L’acte d’accusation indique qu’on a jusqu’ici pu identifier quatre victimes, âgées de 18, 20, 37 et 53 ans. Mais, selon nos sources, le nombre de patientes qui auraient subi les sévices de l’accusé risque de se multiplier à mesure que l’enquête progresse.

En effet, lorsque les policiers de la Sûreté du Québec ont perquisitionné mardi durant de nombreuses heures la maison mobile d’André Tougas, rue Francine, à Saint-Jean-sur-Richelieu, ils auraient récolté plusieurs vidéos et photos compromettantes. Du matériel informatique a été saisi et sera analysé.

La présence de nombreux véhicules de police, mardi, a semé la consternation dans le voisinage, même si André Tougas n’est pas très connu de celui-ci. Il est qualifié « d’ermite » par plusieurs voisins, lui qui ne s’adressait pratiquement à personne.

Toute information sur cet homme et ses agissements peut être communiquée, en toute confidentialité, à la SQ, au 1 800 659-4264.

« Cauchemar pour les victimes »

Employé de nuit au département de psychiatrie de l’hôpital du Haut-Richelieu depuis 2011, André Tougas a été dénoncé par une patiente en juin 2017 et a été congédié immédiatement.

Ses crimes auraient été commis entre 2012 et 2017.

Les victimes présumées sont toutes des femmes qui ont bénéficié de ses soins entre les murs de l’hôpital à Saint-Jean-sur-Richelieu.

Onde de choc

« C’est un cauchemar pour les victimes et leur famille, mais c’est aussi un cauchemar pour nos employés. Il avait un dossier complètement vierge, personne n’a rien vu venir. C’est arrivé comme une onde de choc », a indiqué Benoit Geneau, directeur des programmes de santé mentale et dépendance au Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de la Montérégie-Centre.

Vulnérabilité

Tougas s’occupait notamment des soins d’hygiène, de la surveillance des patients et de l’aide aux repas.

Il travaillait dans le système de la santé depuis 1998.

« Les patients, ici, sont des gens dans une situation de grande vulnérabilité. Ils ont besoin d’évaluation, d’encadrement et d’une équipe spécialisée. Nous sommes bouleversés et consternés de voir cette situation », a ajouté M. Geneau.