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Dépassements de coûts pour le tramway aussi

Le maire de Québec, Régis Labeaume, a convenu mardi que les coûts réels d’un projet sur rails peuvent dépasser les projections initiales.
Photo Simon Clark Le maire de Québec, Régis Labeaume, a convenu mardi que les coûts réels d’un projet sur rails peuvent dépasser les projections initiales.

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L’expert cité par Régis Labeaume pour justifier sa prévision de « désastre financier » pour le troisième lien rapporte des dépassements de coûts équivalents pour les projets sur rails comme le tramway.

 

Le maire de Québec a fait une sortie tonitruante la semaine dernière, affirmant que, selon lui, le projet de troisième lien pourrait coûter jusqu’à 10 milliards $. Ce n’est que lundi qu’il a cité une source pour justifier sa déclaration.

« Allez lire Bent Flyvbjerg », a-t-il répété à maintes reprises, citant les travaux de l’expert, qui ont révélé que 9 projets d’infrastructures majeurs sur 10 sont sous-estimés en terme de coûts, et que l’une des causes des dépassements est la pression organisationnelle et politique.

45 % plus cher

Or, le maire a passé sous silence le fait que ce même expert, dans plusieurs études, parle abondamment des projets sur rails, qui rencontrent aussi des difficultés en ce qui concerne l’estimation des coûts.

L’étude de 44 projets de rail urbain en Amérique du Nord et en Europe a démontré des dépassements de coûts moyens de 44,7 %. De plus, l’achalandage s’est révélé la moitié moins important que prévu.

Dans le cas des ponts ou des tunnels, 80 % des projets ont connu des dépassements de coûts qui pouvaient aller jusqu’à 55 %, cite M. Flyvbjerg.

Parler trop vite

L’opposition accuse le maire de tourner les coins ronds. « Le maire de Québec ne connaît pas ses dossiers. Encore une fois il a parlé trop vite et n’a pas pris le temps de lire tout le document », a souligné par communiqué le chef, Jean-François Gosselin.

Le maire Labeaume a convenu mardi que les coûts réels d’un projet sur rails peuvent dépasser les projections initiales.

Par contre, le risque d’explosion des coûts serait minime à ses yeux.

« Il (l’expert Bent Flyvbjerg) a raison. La seule différence c’est qu’actuellement, dans le monde, il y a énormément de projets de transport collectif. Notre capacité d’apprendre et de se baser sur les travaux qui ont été faits ailleurs est innombrable », a-t-il soutenu, en impromptu de presse.

— Avec la collaboration de Taïeb Moalla