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Rafraîchissante Katherine Levac

L’humoriste franco-ontarienne présente son premier spectacle, Velours

Pour son premier spectacle solo, Katherine Levac semble très à l’aise et en parfaite maîtrise du style qu’on lui connaît bien.
Photo Jean-François Desgagnés Pour son premier spectacle solo, Katherine Levac semble très à l’aise et en parfaite maîtrise du style qu’on lui connaît bien.

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Cinq ans après sa sortie de l’École nationale de l’humour, Katherine Levac débarque sur les scènes québécoises avec une impressionnante première carte de visite. Celle qui a opté pour un récit autobiographique rodé au quart de tour, livré sans fausse note, séduira surtout les jeunes de sa génération.

Le premier « one woman show » de l’humoriste de 28 ans, dont 80 000 billets ont déjà trouvé preneurs, était présenté mardi en première médiatique à la salle Albert-Rousseau.

Des personnages déjantés de Like-Moi ! et SNL Québec, en passant par l’Olivier Révélation en 2015, Katherine Levac s’est forgée un parcours enviable depuis quelques années. Elle aurait pu sortir un spectacle précipitamment pour battre le fer pendant qu’il est chaud, profiter d’un marché en santé et de sa visibilité médiatique.

Mais on voit clairement que ce n’est pas le cas. L’humoriste s’est appliquée, a travaillé fort, avec un réel souci du détail. Velours est un spectacle concis livré de manière impeccable, dont les textes sont signés par elle-même, David Beaucage (qui assurait la première partie), Thomas Levac, aidé par Marc Brunet à la script-édition.

Bien qu’elle bouge très peu, Katherine Levac possède une aisance et maîtrise parfaitement son style qui nous est familier. L’efficacité comique réside d’ailleurs beaucoup dans le fait qu’elle livre ses lignes sarcastiques et ironiques avec un ton aussi candide et pince-sans-rire.

Racines franco-ontariennes

La génération Y trouvera son compte dans Velours, qui comporte plusieurs références comme le Romano Fafard, les vitamines Pierrafeu, les Nintendo 64, les cure-pipes, le Crush à l’orange ou Tinder.

Les racines franco-ontariennes de l’humoriste et les contrastes entre les générations sont au cœur de son spectacle. Elle raconte son enfance, son éducation dans une école de rang qui ressemblait aux Filles de Caleb, « sauf qu’on couchait pas avec notre prof », dit-elle.

Elle fait état des aléas de sa « vie plate », déclarant n’avoir jamais vécu d’épreuves marquantes. Elle se moque aussi allègrement de sa génération insatisfaite « qui ne finit jamais rien », qui change d’orientation de carrière à tout moment et qui invente des métiers.

Il a aussi été beaucoup question religion et d’éducation. La « première de classe » qui a déjà « crashé » un cours de médecine nous jasera aussi d’amour et on apprendra finalement qui est la vraie Paidge Beaulieu.

Plus libre

On a beaucoup ri au cours de la soirée, mais l’humoriste n’a pas réussi toutefois à nous rendre hilares. Exception faite dans la foule lors de son hommage musical aux femmes de 64 ans, « le prime time d’une vie, quand tu manques de calcium, mais t’as un solarium ».

Sans être vulgaire, Katherine Levac s’est permis avec Velours beaucoup plus de liberté que ce à quoi on est habitué d’elle, mais sinon, les fans ne seront pas dépaysés.

Katherine Levac sera en spectacle à la salle Albert-Rousseau de nouveau les 5 et 6 mars, les 4 et 5 mai, et les 1er et 2 novembre 2018. Elle y sera également les 14 et 15 janvier 2019. Les billets seront en vente ce jeudi.

Quelques blagues en rafale...

  • « La souveraineté, c’est comme Michèle Richard. Je sais que ça existe, mais j’étais pas là quand c’était hot. »
  • « J’ai chanté le Ô Canada et récité la prière à tous les matins. Ma jeunesse, c’est le cauchemar de Gabriel Nadeau-Dubois. »
  • « J’ai peur de tout ce que je ne suis pas capable d’expliquer. Ma plus grande phobie, c’est le succès des films français. »