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À quel âge devriez-vous réclamer vos rentes de retraite?

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Devriez-vous demander vos rentes de retraite à 65 ans ou repousser à 70 ans ? Et dans le cas du Régime de rentes du Québec, que vous en coûterait-il de devancer à 60 ans ? Voici quelques éléments de réponse qui vous aideront dans votre réflexion.

Si certains voient arriver l’âge de la retraite avec soulagement, d’autres, au contraire, ne sont pas pressés de sauter le pas. Dans les deux cas, réclamer ses rentes de retraite à 70 ans au lieu de 65 aura un impact financier notable. Mais ce n’est pas pour tout le monde, explique Yves Gratton, conseiller en sécurité financière.

Retarder, oui, mais...

Si vous êtes en bonne santé et que vous avez la possibilité de rester sur le marché du travail, vous pourriez reporter l’âge de votre retraite après 65 ans. Financièrement, il y a des bénéfices à le faire. « Au niveau provincial, le programme de la Régie de rentes du Québec est conçu pour démarrer à 65 ans, même si on peut le devancer à 60 ans. Lorsque l’on réclame sa rente après 65 ans, elle est bonifiée de 0,7 % par mois écoulé depuis le 65e anniversaire. À 70 ans, on atteindrait donc un maximum de 42 % », indique Yves Gratton.

Concrètement, une personne qui toucherait 1000 $ par mois à 65 ans se retrouverait plutôt avec 1420 $ dans ses poches si elle avait patienté cinq ans de plus. « Ce montant lui sera versé jusqu’à la fin de ses jours », précise Yves Gratton.

Du côté du programme fédéral de Sécurité de la vieillesse, là aussi vous pourriez avoir droit à un bonus de 0,6 % par mois écoulé à partir du 65e anniversaire, jusqu’au maximum de 36 % à l’âge de 70 ans. Si l’on se base sur la pension mensuelle actuelle (586,66 $), un report de cinq ans la ferait grimper de plus de 210 $ par mois jusqu’à la fin de vos jours. Précisons que les rentes fédérales et provinciales sont toutes indexées et que leur montant augmente progressivement au fil des ans. L’indexation varie de 1 à 2 % et peut être ajustée chaque trimestre.

Est-ce que cela vaut la peine ? Tout dépend de votre situation. Si vous avez de bons revenus, vous devrez rembourser tout ou une partie de la pension de sécurité de la vieillesse que vous percevrez. Dans ce cas, il pourrait être préférable de reporter le versement jusqu’à ce que vos revenus soient moins hauts afin de pouvoir conserver une part plus importante de votre pension.

Devancer, pourquoi pas ?

Il est possible de demander les rentes du RRQ dès 60 ans. Il y a toutefois un prix à payer, puisque la rente mensuelle sera réduite, selon le revenu, de 0,5 à 0,6 % par mois d’anticipation, jusqu’à un maximum de 36 % de pénalités. « Ainsi, une personne qui toucherait 1000 $ par mois à 65 ans ne percevrait que 640 $ mensuellement à 60 ans, et ce, jusqu’à la fin de ses jours », mentionne Yves Gratton.

Le jeu peut toutefois en valoir la chandelle dans certaines circonstances, précise le conseiller, par exemple si la personne a perdu son emploi et n’a pas d’autres sources de revenus, ou encore si sa santé est vacillante et que son espérance de vie est réduite.

Conseils

► Seule une analyse complète de votre situation permettra de savoir quelle solution est la mieux adaptée pour vous. Rappelez-vous : c’est du cas par cas.

► Personne n’a de boule de cristal pour voir l’avenir, mais les logiciels de simulation utilisés par les planificateurs et conseillers en sécurité financière permettent d’établir différents scénarios. Cela vous aidera à prendre votre décision.

► Consultez les sites de la Régie des rentes du Québec et du gouvernement du Canada pour en savoir plus :