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Il aurait pris en photo le derrière de ses collègues

Agression sexuelle
Photo courtoisie, Sûreté du Québec André Tougas

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La direction de l’hôpital du Haut-Richelieu n’a pas pris au sérieux les plaintes d’employées sur le comportement douteux du préposé aux bénéficiaires, aujourd’hui accusé d’avoir agressé sexuellement des patientes.

Selon nos informations, au moins trois personnes ont rapporté des gestes déplacés d’André Tougas l’été dernier. L’homme de 53 ans se serait amusé à prendre des photos et des vidéos du postérieur de collègues féminines.

Pris en flagrant délit, Tougas aurait été confronté par l’une d’elles. Il aurait simplement rangé son téléphone « sans nier ce qu’il venait de faire », selon ce que rapporte une ancienne collègue de travail, qui a exigé l’anonymat pour préserver son emploi.

Lors d’une rencontre avec un supérieur, une employée aurait également tenté de sonner l’alerte pour prévenir le pire : « Il a toujours son téléphone avec lui. S’il fait ça avec nous, il peut le faire avec des patientes. »

Malgré les avertissements des employées, rien n’a été fait par la direction. Il a fallu qu’une patiente de l’unité de psychiatrie rapporte son agression sexuelle, un mois et demi plus tard, pour que Tougas se fasse montrer la porte.

Propos contradictoires

Questionné par Le Journal mardi peu après l’arrestation du préposé, le Centre intégré de santé et de services sociaux de la Montérégie-Centre (CISSS) avait pourtant assuré que l’agresseur présumé n’avait jamais fait l’objet d’une plainte et qu’il possédait un « dossier vierge ».

« Il a fallu qu’on ait une dénonciation, un indice, pour qu’on puisse agir », avait d’abord indiqué Benoit Geneau, directeur des programmes de santé mentale et dépendance, faisant référence à l’agression sexuelle de la patiente.

Interrogé à nouveau hier sur ses propos contradictoires, M. Geneau n’a pas nié la première plainte liée au comportement inadéquat de Tougas.

« On a manqué de temps pour le sanctionner », a-t-il dit en guise de justification.

Lorsqu’on a fait remarquer qu’une action rapide aurait peut-être permis de prévenir au moins une agression sexuelle, le CISSS a évoqué un manque de preuves.