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La Gaspésie, au-delà du rocher Percé

La photographe Geneviève Thibault s’est intéressée à la région

Geneviève Thibault
Courtoisie Cégep de Matane Geneviève Thibault

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Qui dit Gaspésie pense tout de suite au rocher Percé. Mais la photographe Geneviève Thibault, originaire de Matane, s’est donné comme mission de démontrer que la région est beaucoup plus que le mythique rocher.

Pendant deux hivers, en 2016 et 2017, elle s’est immiscée dans la vie quotidienne de ses habitants. Puisque ça grouille de tous bords tous côtés à Percé pendant l’été, la photographe a voulu capter, avec une grande authenticité, la vie quotidienne de la Gaspésie durant la période hivernale.

Les photos de son périple font l’objet d’une exposition intitulée En attendant l’été, présentée jusqu’au 3 mars à la salle d’exposition du pavillon Alphonse-Desjardins de l’Université Laval.

La photographe Geneviève Thibault s’est intéressée au paysage hivernal de la Gaspésie.
Photo courtoisie Geneviève Thibault
La photographe Geneviève Thibault s’est intéressée au paysage hivernal de la Gaspésie.

La première partie du projet a été de photographier les paysages. « J’aimais beaucoup trouver dans le paysage les traces de la saison estivale passée », dit-elle.

Mais avec ses photos d’extérieur, Geneviève Thibault sentait qu’elle n’avait pas fait le tour du sujet, qu’elle montrait une seule facette de Percé.

« À l’intérieur, on prépare la saison prochaine, les artistes sont en création, les gestionnaires touristiques sont en planification. Il y avait les pêcheurs qui réparent leurs cages à homard... je devais y retourner. »

La pêcheuse Alexandra a repris l’entreprise familiale. Durant l’hiver, elle répare ses cages à homard et prépare sa saison de pêche.
Photo courtoisie Geneviève Thibault
La pêcheuse Alexandra a repris l’entreprise familiale. Durant l’hiver, elle répare ses cages à homard et prépare sa saison de pêche.

Débarquée à l’improviste

C’est ainsi qu’elle s’est pointée chez environ 75 personnes, qui ont toutes été des rencontres enrichissantes sur le plan humain. Elle est, entre autres, allée chez des dames qui font de l’artisanat, s’est immiscée dans un cours de ballet classique, ou est débarquée chez des pêcheurs ou dans le centre communautaire en rénovation.

« Je pourrais parler de chacune de ces personnes », se rappelle la photographe, qui avoue avoir été témoin de la « dévitalisation » de la région et de ses enjeux.

« Parfois, on tombait même dans des sujets très privés, des obstacles de la vie qu’ils traversent. Je pense que ça peut faire du bien des fois de parler à des inconnus. »

En hiver, la Gaspésie vit au ralenti. 
Photo courtoisie Geneviève Thibault
En hiver, la Gaspésie vit au ralenti. 

Elle est arrivée chez plusieurs de ces personnes sans s’annoncer. « J’aime ça arriver à l’improviste pour vraiment créer un moment, et voir les traces du quotidien. » Dans ses photos, l’environnement est aussi important que le sujet.

Geneviève Thibault a eu une carrière dans le milieu du tourisme qui l’a amenée à beaucoup voyager. Elle a même vendu sa maison pour partir en voyage avec ses enfants pendant un an. C’est là que la photographie a pris de l’importance dans sa vie. Assez pour retourner à l’école et décrocher un diplôme d’études collégiales en photographie.

« J’avais avant un regard plus anthropologique, explique-t-elle. Je m’intéressais aux autres cultures, aux paysages différents. Mais on dirait que de partir comme ça, ça m’a ouvert les yeux sur la spécificité des Québécois, notre territoire, ma région. Je me suis intéressée à comment on vit. Mon regard est devenu plus ethnologique. »

Geneviève Thibault travaille aussi sur un « grand projet » depuis l’été passé. Elle couvre la vie quotidienne des Ursulines, à Québec. Elle vient aussi de recevoir une bourse pour un projet qui s’appellera Le 148. Elle ira visiter des gens dans le Bas-Saint-Laurent, qui habitent des maisons dont l’adresse est le 148, pour comparer « les fragments d’espace et nos manières d’habiter ».

L’exposition En attendant l’été est accessible gratuitement au pavillon Alphonse-Desjardins, au local 2470, situé au 2325, rue de l’Université.