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Le curling balayé du Centre de glaces

Malgré des discussions très avancées, les clubs ont été avisés qu’ils ne faisaient plus partie des plans

Jusqu’à tout récemment, le curling était intégré dans le Centre de glaces, comme on le constate sur cette esquisse datant du 13 décembre 2017 réalisée par la firme d'architectes Lemay, dont Le Journal a obtenu copie. William Patry et Michel Gingras, des clubs Jacques-Cartier et Victoria, déplorent le changement de dernière minute.
Photo Stevens LeBlanc Jusqu’à tout récemment, le curling était intégré dans le Centre de glaces, comme on le constate sur cette esquisse datant du 13 décembre 2017 réalisée par la firme d'architectes Lemay, dont Le Journal a obtenu copie. William Patry et Michel Gingras, des clubs Jacques-Cartier et Victoria, déplorent le changement de dernière minute.

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Les deux clubs de curling de Québec sont «extrêmement déçus» d'avoir été évincés du Centre de glaces alors que l'entente pour y inclure leur sport était pratiquement ficelée.

Après deux ans de discussions «intenses» avec la Ville de Québec, le Club Jacques-Cartier et le Club Victoria ont appris par un coup de fil mercredi dernier qu'ils ne faisaient plus partie des plans pour le Centre de glaces de Sainte-Foy.

Le lundi suivant, le maire de Québec, Régis Labeaume, présentait les esquisses du futur Centre, réservé au patinage et au hockey.

« On est extrêmement déçus», a laissé tomber William Patry, président du Club de curling Jacques-Cartier. « On est déçus de la façon dont on a appris la nouvelle. Ils auraient pu au moins nous convoquer. En plus, ils nous ont donné des raisons très vagues.» «C'est l'antithèse de la collaboration entre des partenaires», a pour sa part déploré le président du Club Victoria, Michel Gingras.

Discussions très avancées

Pourtant, M. Patry décrit des discussions qui étaient très cordiales et très avancées. Le responsable du comité de transition dont sont membres les deux clubs, Jacques Gaudreault, rappelle que c'est la Ville qui les avait approchés après une mission en Europe où le vice-président du comité exécutif, Jonatan Julien, avait visité des anneaux de glace qui incorporaient le curling.

Les deux organisations avaient même convenu verbalement du montant qu'elles investiraient dans la construction du Centre de glaces, soit 2 millions $, et du coût du loyer, 250 000 $ par an. Ils fournissaient aussi 50 % des profits. «On était d'accord avec ça», souligne M. Gingras.

Cette somme provenait des propriétés des deux clubs — terrains et bâtiments —, d'une valeur marchande de 2,7 millions $, qui auraient été cédées à la Ville.

La Ville avait même transmis les esquisses du futur Centre de glaces, approuvées par les élus, incluant huit glaces de curling, surbaissées pour éviter que les sports se nuisent entre eux, des vestiaires et un bar-lounge pour les rencontres d'après-match.

Esquisses modifiées

«Ce que vous avez vu, en conférence de presse, ce sont des esquisses modifiées où on a enlevé le curling», regrette M. Gaudreault.

Les clubs déplorent la chance ratée pour le développement du sport dans la région. «Avec les Olympiques, en ce moment, vous n'avez pas idée du nombre de demandes qu'on a pour des gens qui veulent essayer le curling. On est obligés de créer des séances particulières de formation», soumet Michel Gingras. Et en temps normal, les clubs répondent à peine à la demande, avec environ 600 membres et un achalandage de 70 000 personnes par an.

Comme le maire lundi, Steeve Verret, membre du comité exécutif responsable des Sports a plaidé «l'incompatibilité» du curling avec les autres sports. «Ils avaient des revenus d'alcool et de bar qui étaient difficiles à gérer entre les deux usages. (...) Une autre patinoire, ça nous donne plus d'options pour la population», a-t-il affirmé jeudi.

Les gens de curling affirment que jamais cette question n'a été présentée comme un obstacle par la Ville.

Les réactions

« Il n’y a jamais eu d’accroc, tout se déroulait normalement. Puis, pouf. Une annonce, et on n’est plus là. »

— Michel Gingras, président du Club de curling Victoria
 

« Ça fait deux ans que je vends ça à mes membres. La Ville avait fait une présentation du concept devant 250 personnes. Ça crée toute une attente. Et là, on ne peut pas leur expliquer pourquoi ça ne marche plus. »

— William Patry, président du Club de curling Jacques-Cartier
 
« C’était plus un happening, un club social. On avait peur de l’incompatibilité. »

— Steeve Verret, conseiller, membre du comité exécutif