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Les sondages commencent, «il faut hausser le niveau de jeu»

Les sondages commencent, «il faut hausser le niveau de jeu»
Infographie Le Journal, Christine Lemus

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Il est un peu là, le problème. Avoir deux calibres de jeu, selon que l’on est dans la période de sondages ou non.

Dès lundi prochain, les radios de la grande région de Québec entreront dans la seconde période de sondages annuels.

Dans plusieurs marchés de plus petite taille comme Matane, Baie-Comeau, Roberval ou Rouyn, les sondages sont aussi tenus mais les radios locales n’achètent généralement pas les résultats.

Ils se fient sur ceux de l’automne pour fixer leurs tarifs publicitaires.

Je me suis toujours demandé pourquoi on avait deux façons de faire de la radio, selon que l’on se sait évalué ou non.

Avez-vous vraiment l’impression que l’auditeur de la radio « A » passera à la radio « B » pour courir la chance de gagner un voyage à Cuba ?

Cet animateur que vous aimez, auquel vous vous êtes attachés parce qu’il accorde de l’importance aux valeurs qui vous sont chères, celui que vous avez hâte de retrouver à l’aller ou au retour du travail parce qu’il vous fait rire, vous divertit ou a ce don de vous offrir LA chanson que vous aviez justement le goût d’entendre...vous lui seriez infidèle pour essayer d’entendre votre nom, pour vous qualifier dans le but éventuel de joindre un groupe de finalistes qui, dans 2 mois, aura peut-être la chance de gagner un set de patio ?

Sérieusement ?

Croire qu’une radio changera une tendance lourde de l’exode de ses auditeurs en faisant un concours, c’est comme croire que le Canadien n’est qu’à UN joueur de devenir une bonne équipe.

Remarquez que vous pouvez retirer le mot « concours » et le remplacer par « chroniqueur-vedette » ou « rigueur au travail » et on arrive au même point.

Comme au baseball, à la radio, on « joue pour la moyenne ».

L’auditeur évalue l’animateur qu’il écoute par la moyenne de ses bonnes émissions.

C’est inutile d’être génial le mardi si tu es nul le mercredi.

Dire qu’il faut améliorer sa performance au cours des deux prochains mois, c’est comme dire que l’on se donne le droit d’être moins bon quand les cahiers de sondages ne circulent pas dans notre marché.

Les meilleurs animateurs ont haussé leur calibre de jeu dès leur retour après le temps des fêtes et ne donneront jamais l’occasion à leurs auditeurs d’aller voir ce qui se passe ailleurs.

Heureusement, il semble que les concours ou les budgets pour des collaborateurs, qui apparaissent comme par magie avec le début des sondages, n’ont qu’un effet très marginal sur les habitudes d’écoute.

Tant mieux ; ça redonne aux animateurs et animatrices une grande partie de la responsabilité de leur succès.

On dit qu’à la radio, on n’est jamais meilleur que sa dernière émission.

Que l’on soit en sondage ou non.