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Plus d'aide réclamée pour les proches de personnes assassinées

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Des parents d’enfants assassinés et les partis d’opposition demandent à la ministre de la Justice de mettre fin à la discrimination dont certaines victimes d’actes criminels font l'objet et réclament une modernisation du programme d’indemnisation.

Audrey Carey, une jeune étudiante en droit à l’Université de Sherbrooke, faisait son premier voyage en Californie à l’automne 2015, seule, lorsqu’elle a été tuée par trois jeunes sans-abri qui voulaient lui dérober son argent.

Photo Facebook

Depuis, sa mère Isabelle Tremblay doit vivre son deuil sans avoir reçu un sou de l’Indemnisation des victimes d’actes criminels (IVAC).

«Par la situation géographique [...] je n'ai pas été reconnue comme une victime ni même comme une proche de victime. Alors, je suis toujours sur une liste d'attente pour recevoir des services adéquats par rapport au deuil traumatique», a relaté Mme Tremblay, en compagnie de la vice-chef du PQ, Véronique Hivon, pour faire pression sur la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, afin que les victimes hors Québec puissent recevoir des prestations de l’IVAC.

«Il y a des situations absolument inexplicables, en ce moment, dans l'indemnisation, et surtout [dans] le soutien qui est accordé aux parents de victimes d'actes criminels», selon Mme Hivon. «Si on meurt d'un accident d'auto à l'extérieur du Québec, on va être indemnisé, mais on ne le sera pas si c'est un acte criminel.»

Manque de soutien

D’autres proches de victimes étaient également présents pour solliciter le remboursement des frais immédiats des familles de victimes assassinées afin qu’elles puissent assister au procès des accusés. Une demande de bonification de l’aide psychologique est aussi au menu.

C'est dans ce contexte que Marlène Dufresne, les larmes aux yeux, s’est adressée aux médias de l’Assemblée nationale. La mère de la jeune Gabrielle Dufresne-Élie – assassinée le 7 juin 2014 – a fait état des difficultés financières auxquelles elle a dû faire face lors des 10 semaines qu'a duré le procès de l’homme accusé dans cette affaire.

En 2019, elle devra assister à un deuxième procès, les jurés n'ayant pas réussi à s'entendre la première fois. «Je devrai encore débourser pour me présenter pour défendre ma fille. Je ne suis pas reconnue [...] par l'IVAC comme victime d'acte criminel», a indiqué Mme Dufresne.

Le porte-parole en matière de Justice pour la CAQ, Simon Jolin-Barrette, demande aussi à la ministre de la Justice de moderniser l’IVAC. Il réclame une commission parlementaire pour entendre tous les intervenants.

«L’État n'a pas à mettre des bâtons dans les roues des familles des victimes et des victimes. Mais il doit être derrière elles, à les soutenir, à faciliter le processus de reconstruction, le processus de deuil aussi», a-t-il dit.

La ministre sur la défensive

La ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, a lancé que les partis d’opposition «n’ont pas le monopole de la compassion».

Photo Simon Clark

«Des bonifications à l’IVAC, j’en ai apporté plusieurs depuis le début de mon mandat [...] C’est arriver à un juste équilibre entre l’équité entre les victimes, l’équité entre les différentes réalités que vivent les victimes et leurs proches, et aussi la capacité de payer de l’ensemble de la population québécoise», a dit Mme Vallée.

Elle a également dû se défendre à ce sujet lors de la période de questions ce matin, des proches de personnes assassinées se trouvant dans les estrades du Salon bleu.

Demandes des proches des victimes

  • Que les proches soient reconnus comme des victimes et qu’ils reçoivent de l’aide psychologique, tant et aussi longtemps qu’ils en ont besoin
  • Une aide financière pour les proches des victimes pour qu’ils puissent assister au procès de l’accusé
  • Ouvrir l’indemnisation pour les victimes hors Québec