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Trudeau: les pieds dans les plats

Trudeau: les pieds dans les plats
Photo AFP

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Justin Trudeau se fait varloper à cause de son voyage désastreux en Inde.

Costumes ridicules, namaste à tout le monde, Sophie en sari, bindi sur le front, et plein de cartes postales pour bien peu de capital. Il y a aussi cette histoire rocambolesque du repris de justice invité à un dîner officiel.

Mais l’aspect qui me fait le plus m’esclaffer de cette interminable mascarade, c’est le fait que Trudeau ait invité, à nos frais à tous, un chef canadien d’origine indienne pour aller préparer un repas au Haut Commissariat canadien. (un scoop de CTV)

Si tu représentes le Canada, que tu veux vendre le Canada à l’étranger, tu valorises la gastronomie canadienne. Le saumon fumé, les huîtres de l'Île-du-Prince-Édouard, le sirop d’érable, le gibier, tu mises sur des chefs qui, peu importe leur pays d’origine, font une cuisine qui représente l’inventivité canadienne. L’innovation.

Tu n’invites pas en Inde un chef qui a fait fortune à Vancouver en préparant des samosas, du poulet au beurre et des oignons bhaji. Parce que tes interlocuteurs indiens connaissent déjà tout ça par cœur. Ce n’est pas exotique pour eux, c’est leur quotidien !

En Inde, ils ne vont pas tomber en bas de leur chaise en mangeant la soupe dhal de l’ami de Trudeau. Ça ne leur apprendra rien sur ce qui se passe sur la planète gastronomie au Canada.

C'est quand même fou: alors que partout au monde on reconnait l'effervescence de la scène gastronomique canadienne (de Toronto à Montréal en passant par les provinces maritimes ou Tofino) notre premier ministre, lui, met de l'avant un chef qui cuisine des pois chicehes et du curry (aussi savoureux soient-ils). Cherchez l'erreur.

Il y a quelque temps, j’ai interviewé Pierre-Laurence Valton-Simard, le chef exécutif du Manoir Richelieu, qui va préparer les repas des chefs du G7 lors de la rencontre en juin dans Charlevoix. Il me racontait à quel point c’était important pour lui de mettre de l’avant des produits locaux qui font la fierté de la région.

Je n’ai rien contre Vikram Vij, le chef dont toutes les dépenses ont été payées pour aller préparer UN repas en Inde. J’ai un de ses livres de recettes et elles sont toutes plus succulentes les unes que les autres. C'est le Ricardo de la côte ouest.

Mais Justin Trudeau a raté une excellente occasion de montrer à ses interlocuteurs indiens la qualité, la diversité et l’innovation de la gastronomie canadienne.

C'est comme si, en voyage officiel en Italie, Trudeau avait demandé à Giovanni Appolo de préparer du spaghetti sauce tomate, de l'osso bucco et du risotto (avant qu'on apprenne qu'il s'appelle Jean-Claude et qu'il était né en France) .