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Beau, bon, pas cher

ART-COMÉDIE CLUB
Photo d'archives, MARCO WEBER/AGENCE QMI

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Combien dépensez-vous pour une sortie de semaine ? Vous savez, quand vous avez besoin d’une petite pause de quelques heures ? D’un rendez-vous avec l’amour de votre vie, une vieille amie ou un vieux chum ? Pour vous sauver de la maison, oublier le travail, ne plus entendre les enfants - que vous adorez, par ailleurs – juste pour un petit moment ?

Quand la télévision, Netflix, les réseaux sociaux et votre téléphone intelligent ne sont plus suffisants pour vous distraire et, surtout, que vous avez envie de constater qu’il existe d’autres humains comme vous sur cette terre ?

Souvent, on se rabat sur le cinéma et c’est du plaisir quasi garanti. On sort le mardi, parce que c’est un peu moins dispendieux (autour de 11 $ et parfois plus). On va tout de même se prendre le combo à 10 $ et plus pour un peu de maïs à éclater et une boisson gazeuse. On s’assoit sans trop se parler, dans le noir. On regarde nos téléphones jusqu’à ce que le film commence et « paf ! », moins de deux heures plus tard, c’est terminé.

On s’est diverti, mais encore devant un écran. On a jasé un peu avec son compagnon ou sa compagne, mais seulement quelques minutes : « Ça va faire du bien ! », « Ah, c’était bien l’fun ! ». Fini.

Avez-vous déjà pensé à une soirée d’humour ?

Peut-être en êtes-vous déjà friands, peut-être vous ne connaissez pas le concept. J’explique.

Une soirée d’humour est un spectacle de type amateur, sans fla fla, où se présente une série d’artistes qui vous divertiront entre 8 et 15 minutes environ chacun. Les artistes prennent place sur une petite scène devant vous, tout près de vous. Que vous soyez au premier rang ou dans le fond de la salle, il est pratiquement impossible de manquer leurs mimiques.

La soirée est animée par un ou une humoriste qui vous mettra à l’aise, ira de quelques anecdotes et vous présentera les invités de la soirée.

Le lieu, souvent un bar ou une petite salle de spectacle, est parsemé de tables autour desquelles sont placées environ quatre chaises, ce qui met l’accent sur la convivialité et le contact humain avec ses voisins.

Il en existe environ une soixantaine au Québec. Près de la moitié d’entre elles se trouvent à Montréal, mais on en compte en Outaouais, en Montérégie, dans la région de la Capitale-Nationale, etc.

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Photo Courtoisie Michel Grenier

Très abordables, elles dépassent rarement la barre des 15 $ par personne. Le plus souvent, c’est entre 8 $ et 10 $.

On peut en trouver à tout moment de la semaine (pas besoin d’attendre le spécial du mardi !), surtout dans la métropole. Nul besoin de patienter jusqu’au vendredi ou au samedi pour s’évader.

Alcool et autres breuvages sont disponibles, souvent on peut grignoter. Certains endroits ont même des cuisines qui offrent de quoi vous rassasiez.

Vous pouvez être là, à rigoler, à échanger des regards complices avec vos proches, à discuter entre les artistes pendant 90 minutes, voire trois heures !

Vous serez témoin du talent brut de la relève, parfois un peu mal huilée encore par bouts, mais vous aurez aussi la chance, bien souvent, de voir et d’entendre des artistes plus connus, sur place ce soir-là, pour tester du nouveau matériel.

Tout ça fait le charme des soirées d’humour ! C’est la somme d’une atmosphère chaleureuse, vibrante, où la proximité du public et des artistes fait en sorte que l’énergie du rire est toujours dans l’air ; d’une ambiance décontractée, désinvolte, où le public participe directement à l’évolution des prestations des humoristes (qui amélioreront ou élimineront les bouts qui marchent moins et feront exalter les passages qui frappent davantage).

C’est le plaisir de voir des artistes encore en création, de les voir au naturel, sans mise en scène laborieuse, sans grand déploiement de lumières, de décors, d’effets de toutes sortes. C’est voir l’art du stand-up dans ce qu’il est fondamentalement.

À chacun sa soirée

Bien sûr, toutes les soirées d’humour ne s’équivalent pas.

Certaines existent dans le paysage humoristique depuis longtemps et se sont imposées comme des incontournables où tout est mis en œuvre pour que le public s’amuse pleinement. Certaines possèdent un aura un peu mythique, car elles ont été le dernier tremplin qui a servi a propulsé la carrière d’artistes comme Louis-José Houde, Martin Matte, Jay du Temple, et plusieurs autres.

À Montréal, on pensera au Pub Brouhaha, à l’Abreuvoir, au Jockey, au Medley Simple Malt, par exemple.

En Montérégie, on pensera au 222 de St-Constant ou Chez Maurice à St-Lazarre.

À Québec, bien sûr, les soirées du ComediHa! Club sont bien connues.

Et on ne peut passer sous silence l’influence du Bordel Comédie Club dans le Quartier latin de la métropole, qui a rapidement su s’imposer depuis sa naissance en 2015.

Tous ces endroits sont courus, non seulement par un public qui préfèrent des artistes professionnels (même si vous ne les connaissez pas tous, la plupart de ceux qui montent sur scène font de l’humour leur principal revenu), mais aussi par les artistes eux-mêmes. Être sur l’alignement du Bordel, par exemple, est un signe de reconnaissance du talent de l’artiste par son milieu. Même chose avec le ComediHa! Club, le Brouhaha, Chez Maurice et les autres cités plus tôt.

Mais il existe également des endroits tous aussi intéressants et parfois moins connus du public, plus expérimentaux (comme les Femmelettes ou Je ris donc je suis à la Taverne Jarry), plus à gauche, plus « edgy », plus crus... Bref, il y en a pour tous les goûts !

Mais pourquoi autant de soirées d’humour ? Mise à part leur rôle dans le processus de création des artistes, quelle est leur place dans l’industrie ? Je vous réserve la réponse pour le prochain blogue !