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Du crédit facile... à un coût exorbitant

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Dès que l’on se bâtit un historique de crédit, les offres affluent dans notre boîte aux lettres. Mais attention : tout ce qui brille n’est pas or...

En octobre dernier, nous avions rapporté le cas de Marc-Antoine qui, à l’âge de 22 ans, était déjà étranglé par une dette de 10 000 $ accumulée progressivement sur une carte de crédit obtenue alors qu’il était encore au cégep. Pour en venir à bout, il avait heureusement réussi à obtenir un prêt de son institution financière, à un taux d’intérêt moindre que celui de sa carte (20 %).

Mais quelle ne fut pas la surprise du jeune homme lorsqu’il a été sollicité par une compagnie de finance « non bancaire » qui souhaitait lui offrir du crédit.

Une offre alléchante

Dans l’enveloppe, on trouvait une carte portant la mention : « Soumettez une demande pour obtenir 5500 $ et reprenez le contrôle de vos finances. » Si Marc-Antoine a jeté à la poubelle les deux premières lettres que lui a expédiées la compagnie, il s’est toutefois montré intéressé par la troisième proposition, parce qu’il avait besoin d’argent à ce moment-là.

Curieux, il s’est rendu sur le site internet de l’entreprise, où on lui offrait un produit à « tarif abordable », de l’argent disponible immédiatement. « On mentionnait également que cette demande n’aurait pas d’impact sur son pointage de crédit.

Or, après vérification auprès d’Équifax, Marc-Antoine a eu la confirmation que toute demande de crédit est notée dans le dossier du consommateur et a par conséquent un impact sur sa cote de crédit », explique Pierre Fortin, syndic autorisé en insolvabilité, président de Jean Fortin et Associés.

Quelle somme pouvait emprunter le jeune homme ? De 5000 à 30 000 $ ! Le fameux « taux abordable », quant à lui, démarre à 19 % et grimpe jusqu’à 27,99 %.

Des frais de 46 %

Désireux d’aller jusqu’au bout du processus, Marc-Antoine appelle la compagnie de finance privée pour voir ce qu’il lui en coûterait d’emprunter 7500 $. Le petit tableau ci-dessous résume les conditions qui lui ont été proposées.

Heureusement, le jeune homme a décidé de décliner leur offre. Il a vite compris que si ce montant s’additionnait à celui de 10 000 $ qu’il essaye déjà de rembourser à raison de 212 $ par mois, il lui serait impossible d’en venir à bout. Il devrait en effet y ajouter des mensualités de 323 $.

« Sa rencontre avec un syndic à l’automne dernier à la suite de la perte de contrôle sur sa carte de crédit lui a permis de se sensibiliser aux pièges du crédit et à la spirale de l’endettement. Aujourd’hui, il poursuit son long chemin vers l’élimination de sa dette », mentionne Pierre Fortin.

Capital 7500 $
Intérêts sur la durée du prêt (5 ans) 8700 $ (à 36 %)
Assurance invalidité 1460 $
Intérêts sur la prime d'assurance financée 1700 $ (à 36 %)
Montant total à rembourser 19 400 $
Frais de crédit réels 46 %

 

Conseils

  • Faites preuve de prudence et de circonspection avec les offres de crédit qui semblent trop belles pour être vraies, en particulier celles qui émanent de prêteurs autres que les institutions financières. Les taux d’intérêt sont très élevés, on a même vu des hypothèques de deuxième rang à 22 %. On abuse purement et simplement des consommateurs.
  • Rappelez-vous : on ne règle pas un problème financier en contractant un nouveau prêt, et on ne rembourse jamais une dette avec un prêt dont le taux d’intérêt est encore plus élevé que celui relié à la dette initiale.
  • Plutôt que de vous endetter auprès d’un prêteur non conventionnel à un taux d’intérêt exorbitant, essayez plutôt d’obtenir un prêt ou une marge de crédit auprès de votre institution financière, à un taux plus raisonnable.