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Les médecins sont optimistes de découvrir une cure contre la maladie

Toujours incurable, l’Alzheimer est le parent pauvre de la recherche, déplore le Dr Ziad Nasreddine. Il est tout de même encouragé par les résultats de la nouvelle étude américaine Biogen.
Photo Pierre-Paul Poulin Toujours incurable, l’Alzheimer est le parent pauvre de la recherche, déplore le Dr Ziad Nasreddine. Il est tout de même encouragé par les résultats de la nouvelle étude américaine Biogen.

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Bien que l’Alzheimer demeure mystérieuse pour les scientifiques, la perspective de découvrir une cure dans les prochaines années donne de l’espoir aux spécialistes.

« Quand j’ai commencé ma carrière, il y a 25 ans, il n’y avait à peu près rien sur l’Alzheimer », se rappelle Sylvie Belleville, directrice de la recherche à l’Institut universitaire de gériatrie de Montréal.

« D’ici 20 ans, je serais étonnée qu’on n’ait rien trouvé », ajoute-t-elle, optimiste.

« L’espoir réside dans la recherche, c’est ce qui me donne de l’encouragement », ajoute Ziad Nasreddine, neurologue à Brossard.

Devant la montée fulgurante de l’Alzheimer dans le monde, qui représente la majorité des cas de démence, la quête d’une cure mobilise beaucoup de chercheurs. Mais depuis 20 ans, seul un médicament qui ralentit la progression de la maladie à un certain stade a été concluant, se désole le Dr Nasreddine.

« L’Alzheimer, c’est une sentence à mort. C’est très difficile de donner un diagnostic, même après 20 ans », constate-t-il.

Selon ce spécialiste, l’Alzheimer demeure le parent pauvre de la recherche, et les investissements gouvernementaux sont faibles.

« Il y a 10 fois plus d’études sur les cancers et en cardiologie, ce qui fait qu’on découvre 10 fois plus de choses », dit-il.

La même piste

Par ailleurs, il déplore que les compagnies pharmaceutiques se lancent toutes dans la même voie depuis des années.

« Dès qu’elles voient une piste quelque part, elles y vont parce qu’elles ont peur de passer à côté de quelque chose de prometteur », dit-il.

De son côté, le ministre de la Santé, le Dr Gaétan Barrette, avoue que le gouvernement est tributaire des orientations commerciales des entreprises qui font de la recherche.

« Dans la machine pharmaceutique, s’il y a une chose qu’on est incapables de prédire, c’est qui — et quand — va réussir à trouver la molécule qui va guérir ou améliorer la maladie. Ça vaut beaucoup pour la maladie d’Alzheimer. »

Actuellement, la recherche montre que les premiers signes de la maladie apparaissent jusqu’à 25 ans avant les symptômes. Parmi les facteurs « protecteurs », on note un niveau élevé d’éducation, la stimulation cognitive et les saines habitudes de vie.

« Le grand défi, c’est de trouver des biomarqueurs 20 ans avant que la maladie s’exprime », indique le Dr Howard Bergman, qui a présidé le rapport Plan Alzheimer, déposé au ministère de la Santé en 2009.

« Oui, il faut chercher des médicaments. Mais il ne faut pas oublier d’autres types d’interventions, comme la prévention », ajoute-t-il.

Étude prometteuse

Encouragé par la recherche, le Dr Nasreddine­­­ se réjouit des résultats de l’étude américaine Biogen, publiée en 2016.

Grâce à l’injection d’anticorps, des patients ont vu leurs plaques amyloïdes au cerveau (qui causent l’Alzheimer) disparaître. Leurs pertes de mémoire se sont aussi stabilisées.

« C’est extrêmement important comme découverte. C’est la première fois qu’on enlève des signes de la maladie et qu’on réussit à stopper l’évolution », dit-il.

D’autres phases de cette étude se poursuivront dans les prochaines années.